J’ai déménagé !

Je suis pas loin, je suis (http://penserclasser.fr/)

Désormais, il faudra aller sur http://penserclasser.fr/ pour me lire et commenter. Et passer commande d’articles et de sujets à traiter (bah oui, rien de tel que des questions pour bien raconter/retenir les choses).

Je ne suis pas sûre que j’ai réussi à embarquer les abonnés-par-mail au blog, alors je vous prie de bien vouloir vous réabonner par mail puisque c’est la façon que vous préférez (et je vous comprends) sur le nouveau site…ou alors vous me faites signe, et je le fais pour vous.

À très vite. Genre, très très vite, dès que j’ai bouclé un article qui traine depuis le 9 janvier concernant le film Pourquoi les femmes sont-elles plus petites que les hommes à voir absolument ce vendredi sur ARTE (ou dans les 6 jours qui suivent).

Merci à Samy Rabih qui m’héberge désormais.

Ça déménage !

Que se passe-t-il en Turquie depuis le 17 décembre 2013 ?

Plutôt que de remettre à jour ma sélection de liens et de sources entre mai et juillet 2013, voici de nouveaux liens/articles/etc.

Ce qu’il s’est passé depuis le 17 décembre 2013 : chronologie

Dans les très grosses lignes, pour faire simple (et rapide).

[Mardi 17 décembre] [Début de la crise actuelle] Des policiers ont débarqué chez une cinquantaine d’hommes d’affaire et les fils de 3 ministres. Ils ont « découvert » (mise à jour samedi 28 déc.) chez Süleyman Aslan, le directeur général de Halkbank, une importante banque publique (qui est une des 2 habilitées à envoyer de l’argent vers l’Iran, voir l’explication du montage compliqué ici) des grosses sommes d’argent dans des boîtes à chaussures. Pas moins de 4,5 millions de Dollars. Pas mal, hein ?

[Semaine du 17 au 24] [Erdogan, la riposte] La défense (attaque) du premier ministre (PM) R.T. Erdoğan (RTE) a été double :

  1. Déclarer que c’est un complot international et/ou le coup d’un État dans l’État« a movement with branches in Turkey. I will not discuss their identity. You all know who they are » et
  2. Virer tous les flics en charge du dossier mais surtout le procureur qui donnait les ordres, procureur de la République (il y en a un seul tout en haut en Turquie ??) [help welcomed]. La purge a concerné des centaires de policiers, dont de très hauts placés, soupçonnés d’être proches du mouvement Gülen. D’ailleurs RTE était très fâché que les policiers aient fait des actions sans le prévenir. Qu’on s’organise, quoi, bon, c’est vrai.

Par État dans l’État il désigne les hommes de Fethullah Gülen, « une confrérie musulmane » très particulière (voir les articles de fond ci-dessous). Depuis, tous ces discours accusent la justice de vouloir trop d’indépendance, voire de vouloir écraser le politique/l’exécutif. La séparation des pouvoirs, c’est pas son fort, il faut dire.

Par complot international, il vise en général Israël, les États-Unis, etc. Usual suspects.

[Samedi 21 décembre] Rassemblement à Kadiköy (Istanbul). Prévue avant les événements, la manifestation  concernait la défense d’Istanbul, des espaces verts, des logements sociaux, de préserver les quartiers d’une gentrification forcée etc. Mais évidemment les slogans et les boîtes à chaussures font référence au récent scandale.

[Mercredi 25 décembre] Deux des 3 ministres (Ministre de l’économie Zafer Caglayan, Ministre de l’intérieur Muammer Güler) dont les fils sont directement impliqués dans les affaires de corruption ont démissionné. Le 3ème (Erdogan Bayraktar, le plus proche du PM) ne l’a fait que quelques heures plus tard, sous la pression du premier ministre dit-il, et en précisant que le PM aussi (surtout ?) devrait démissionner. Choquant.

[Jeudi 26 décembre] [Le procureur en charge du dossier corruption est viré] Le procureur Muammer Akkaş a fait une déclaration écrite à la presse, que la justice était sous pression, que des preuves étaient dissimulées/détruites (à cause de fuites organisées vers la presse), que ses ordres (de réquisition, d’arrestations, etc.) n’étaient pas appliqués par la police, et…qu’il était viré ! Le dossier de corruption est ainsi passé dans les mains du  procureur général d’Istanbul (Başsavcı) Turan Çolakkadı. Ce dernier s’est empressé de dire à la presse que M.Akkaş racontait des bobards, et qu’aucun des 200 procureurs du rang de Akkaş ne pouvait ouvrir de procédure sans en référer à lui. Bonjour l’ambiance chez les procureurs.

[Jeudi 26 décembre] [Remaniement ministériel] Le PM remplace 10 ministres, soit le tiers du gouvernement.

Le fils du PM aussi est recherché. Mais introuvable. #Wokay.

[Vendredi 27 décembre] Réunion et déclaration du Hakimler ve Savcılar Yüksek Kurulusorte de haute cour des juges et des procureurs (22 membres) dont le président est le ministre de la justice : la justice n’est plus indépendante, ça va pas du tout. En gros. Réponse du PM, en substance : « Si j’en avais les moyens, je jugerai cette cour car elle a commis une grosse faute. Alors qui va la juger ? Le peuple va la juger ! » Tout va bien.

(mise à jour dimanche 29 déc.) « Annulation par le Conseil d’État du décret qui met fin au secret de l’instruction » (France Culture).

[NOUVEAU] Mais alors pourquoi tout ça maintenant ?

Alors que l’AKP, parti au pouvoir, et le mouvement de Gülen étaient en bons termes et faisaient (voir le soutien de Gülen à l’AKP lors des élections depuis 2002), pourquoi ce soudain revirement ?

Deux principales hypothèses sont avancées par les observateurs, comme on dit.
1. Le gouvernement AKP vient de signer en mars 2013, un cessez-le-feu avec le PKK, bras armé du mouvement kurde, mettant fin à une guerre de près de 30 ans. Le mouvement de Gülen, plus nationaliste (ou pour une autre raison ? Les différends entre Gülen et Erdogan ne sont pas clairs pour moi), s’est montré critique contre ces accords, voire s’y oppose. A donc ainsi montré son désaccord en mettant le gouvernement dans l’embarras.
2. Le gouvernement a récemment entamé une procédure visant à la fermeture des dershane, écoles privées de préparations aux examens nationaux [mais pourquoi ?], or ces écoles sont largement détenues par le mouvement Gülen et constituent donc une source de financement importante pour eux. De la même façon que dans la 1ère hypothèse, ils auraient voulu montrer leur force.

Pour suivre en direct le soir du 27 décembre 2013

  • Livestreams :

http://www.livestream.com/revoltistanbul

[TR] http://www.halkizbiz.com/gundem/istanbullular-yagmaya-talana-karsi-yeniden-taksimde-h6080.html (live + actus en direct)

[TR] http://www.livestream.com/revoltistanbul

[TR] Hürriyet http://webtv.hurriyet.com.tr/hurriyettv-canli-yayin.aspx

[TR] Capul TV http://capul.tv/ (ça parle beaucoup en turc) (il faut cliquer sur le lien en haut à gauche de l’écran noir, sous Mac, ça lance QuickTimePlayer…)

  • Les comptes Twitter :

[TR] @15MBcn_int (photos de la manifestation)

[TR] @sendika_org (et notamment les photos : https://twitter.com/sendika_org/media)

[TR] @TaksimDayanisma, « Solidarité Taksim », le compte officiel de la coordination de 128 assos  structures organisatrices des manifs depuis mai ; ont appelé à un rassemblement à 19h ce soir à Taksim « pour user de notre droit démocratique à faire une déclaration de presse pacifique et publique contre les pillage, la corruption, les saccages, la violence » (traduction à la volée par moi) :

Puis, devant la violence de la répression policière à l’accueil des premiers arrivants, ont déclaré (via Twitter) qu’aucune déclaration ne serait faite avant la fin de la violence policière :

Puis ont rappelé que « l’article 34 de la Constitution turque permettait à quiconque de se réunir et de manifester, sans autorisation préalable, sans armes et sans violence » :

[TR] @TaksimGeziParki koruma ve güzellestirme dernegi

[TR] @ayagakalktaksim qui veut littéralement dire « Lève toi Taksim », « un des comptes principaux de la résistance, ne publie aucune info non certifiée » (pas mal de photos)

  • Les hashtags à suivre

#direngeziparkı #occupygezi #direntürkiye #Taksim #Istanbul  #occupyIstanbul #OccupyTurkey

  • Facebook :

[TR] https://www.facebook.com/www.sendika.org

Articles de fond en relation avec les récentes affaires

[FR] Entre mysticisme et politique, le mouvement de Fethullah Gülen en Turquie par Bayram Balci, le 25 octobre 2013, sur le site du CERI de Sciences Po, clair malgré quelques fautes de français http://www.sciencespo.fr/ceri/fr/content/entre-mysticisme-et-politique-le-mouvement-de-fethullah-guelen-en-turquie

[EN] Fethullah Gülen’s Hizmet movement http://www.bbc.co.uk/news/world-13503361

[FR] Qu’est-ce que la néo-confrérie Gülen, Etat dans l’Etat turc, et épine dans le pied d’Erdogan ? par Ariane Bonzon, journaliste, le 23 décembre 2013  http://www.slate.fr/story/81495/gulen-etat-turquie-erdogan

[EN] The Filth in Erdogan’s Closet, by Andrew Finkel, 27 dec. 2013 http://mobile.nytimes.com/2013/12/28/opinion/the-filth-in-erdogans-closet.html?from=opinion

Articles d’informations/reportages

[EN] Turkey fraud probe: Tip of the iceberg?, 27 dec. 2013 http://www.aljazeera.com/programmes/insidestory/2013/12/turkey-fraud-probe-tip-iceberg-2013122773052727565.html

[EN] Corruption Scandal Is Edging Near Turkish Premier, by Tim Arango, 25 dec. 2013 (complet, long)  http://www.nytimes.com/2013/12/26/world/europe/turkish-cabinet-members-resign.html

[FR] [radio] La matinale de Marc Voinchet sur France Culture du lundi 30 décembre portait notamment sur les récents événements en Turquie, avec la participation de Dorothée Schmid et Jean-François Bayart. À écouter ici ( 7h40/7h56) et ici (8h19 et 8h30) (et entre les 2, le très contournable Brice Couturier qui explique en quoi le modèle turc a du plomb dans l’aile)

Merci à @SamyRabih pour sa précieuse aide pour rassembler ces liens et me soutenir le moral à distance.

Où sont les femmes dans le numérique ? #invisibilité

Hier dans l’émission Place de la toile sur France Culture, nous avons entendu l’ami Jean-No se livrer à son autobiographie numérique, « exercice un peu étrange de l’autobiographie numérique, où il s’agit de raconter sa vie sous l’angle de sa relation aux ordinateurs, à l’informatique et à l’Internet, bref au numérique. »

C’était tout à fait intéressant. De l’attendu, du moins attendu, des détails sur l’enfance de Jean-No, de la relation à son père, des Science et Vie qu’ils lisaient en famille, son 1er ordi, le nombre d’ordis chez lui, son boulot de programmeur plus qu’artiste, d’aideur plus que d’auteur.

Nous avons aussi appris à l’occasion, de l’aveu de Xavier de la Porte (@xporte sur Twitter), que cette rubrique de l’émission n’a pour le moment invité que des hommes (« Le point commun de tous ces gens (en plus d’être des hommes, ce qui ne m’honore pas, je le confesse… « ). De fait de cet aveu, je ne peux plus vraiment faire un procès à @xporte (chez moi, faute avouée est à 200% pardonnée ; tandis que faute pas avouée, je suis très énervée), mais je voulais comprendre quand même.

Alors je lui ai demandé via Twitter comment ça s’était exactement passé :

La liste des invités, d’après la page du tag « autobiographie numérique » , dans l’ordre anté-chronologique : Daniel Schneidermann, François Bon, André Gunthert, Tristant Nitot, David Dufresne. Je ne sais pas si je les aurais qualifiés de « personnalités connues de l’Internet français, sans l’être forcément du grand public. » J’ai l’impression que Daniel Schneidermann est surtout un personnage connu de la télé (le bon vieux Arrêt sur image sur la Cinquième (puis France 5) de 1995 à 2007, puis sur internet depuis que la chaîne a arrêté l’émission) et des journaux (Le Monde avant d’être viré sous prétexte d’un article qui demande à la rédaction de répondre aux attaques de Péan et Cohen ; puis Libération depuis) (pour en savoir plus, la page WP de Daniel Schneidermann), plus que de l’internet mais chacun doit avoir sa propre perception, en fonction notamment de son âge et de sa pratique de ces différents médias. 

Jean-No serait donc le 7ème invité. Cette rubrique n’est pas encore trop vieille, et l’animateur a l’air de demander de l’aide :

…alors aidons-le ! Mais en attendant que @xporte nous dise comment ça s’est passé exactement, je me suis mis à sa place : comment j’aurais fait si je devais trouver des invités intéressants à mon émission ?

Comment trouver des femmes ?

On peut demander aux invités. Rien de tel que la co-optation. Les gens se sentent valorisés, de faire partie d’un club sélect. Je suis sûre que Daniel Schneidermann, François Bon, André Gunthert, Tristant Nitot, David Dufresne ou Jean-Noël Lafargue ont plein de noms à conseiller chacun s’ils y mettent un peu de bonne volonté (qui oserait en douter ?).

On peut demander sur Twitter. On est plein. On aime le numérique. On RT. On crowdsource.

On peut demander aux associations et réseaux informels. Par exemple à Girlz in web « réseau des professionnel-le-s du digital et des nouvelles technologies.  »

On peut demander sur les chan IRC. Y en a plusieurs de féministes, forcément plein qui parlent de numériques ou de ses différentes sous-catégories (art numérique, littérature numérique, etc.)

On peut assister à des événements concernant le numérique/le web/l’informatique, à La Cantine, conférences, on peut lire les rubriques techno des journaux/contacter les journalistes, on peut aussi naviguer de liens en liens (effet boule de neige).

[insérer ici d’autres idées que j’espère voir en commentaires]

Voici quelques pistes de « femmes connues de l’Internet français, sans l’être forcément du grand public »

Y a des femmes au Conseil National du Numérique

Au Conseil National du numérique, sur les 4 membres du bureau, il y a 1 femme. Valérie Peugeot.

Mais sur les 25 autres membres, 13 sont des femmes : Nathalie Andrieux, Virginia Cruz, Marylène Delbourg-Delphis, Marie Ekeland, Virginie Fauvel, Audrey Harris, Laurence le Ny, Sophie Pène, Nathalie Bloch-Pujo, Lara Rouyrès, Cécile Russeil, Nathalie Sonnac, et Brigitte Vallée. Ça laisse le choix.

Y a des femmes chez Silicon Sentier

Chez Silicon Sentier, « Association parisienne, soutenue par la ville de Paris, regroupant des sociétés en technologies open source, réseaux, le Web ou la mobilité. »

Membres du CA : 4 femmes (0 membres d’honneur, et seulement une trésorière au bureau…). Mais la déléguée générale est Marie-Vorgan Le Barzic (absente de la page Gouvernance et statut…)…

Y a des femmes qui font de l’art numérique

Y a au moins Albertine Meunier

Y a des femmes qui codent et dont c’est le métier

Y a au moins Sylvie Tissot, voir Anabole

Y a des femmes qui enseignent les humanités numériques

et même que vous en lisez une

Y a des femmes qui se posent des questions sur les jeux vidéos

Y a au moins @MarLard et ça a fait beaucoup de bruit y a pas si longtemps que ça

Y a des femmes qui font de la recherche en informatique

Y a au moins Clémence Magnien au LIP6 à Paris

Y a des femmes qui utilisent des outils numériques pour comprendre l’histoire

Y a au moins Claire Lemercier, voir sa page de profil au CSO et sur Wikipédia

Y a au moins ces femmes, donc y en a plein d’autres. À vos commentaires !

P.S. Croyez-moi j’aurais préféré ne pas avoir à écrire cet article. J’aurais préféré que la question ne se posât pas du tout, ou que des hommes aussi se sentent concernés. Mais voilà, il faut donc en 2013 encore et toujours être féministe. Féministes tant qu’il le faudra. Merci quand même aux garçons à qui j’ai demandé des noms et qui m’en ont trouvé quelques-uns, très vite. Je les laisse finalement les ajouter en commentaires :)

P.P.S. Et puis pourquoi je fais/on fait le boulot de documentaliste à titre gratuit ? Sortir de la facilité, c’est aussi du boulot.

P.P.P.S. Inviter des femmes dans ces occasions, c’est faire qu’il y ait plus de « personnalités connues de l’Internet français ». #CercleVertueux

La France a-t-elle eu l’Open Access Week qu’elle mérite ? #OAW #OAW13

Acte 1. Avant que n’éclate le #MSWgate

L’Open Access Week, ou semaine du libre accès, c’est, selon le site OpenAccessWeek.org « A global event, now in its 6th year, promoting Open Access as a new norm in scholarship and research. »

On voit dans la page About qu’il est attendu principalement que ce soient des financeurs de la recherche (l’ANR ou le MESR en France ?), des chercheurs, des administrateurs de la recherche, des éditeurs, des étudiants et des bibliothécaires/documentalistes qui l’organisent. D’après la page Wikipédia du projet, ce sont 2 associations américaines qui ont lancé le concept en 2007.

En France en 2013, l’Open Access Week s’est résumé en 1 événement à la FMSH (Paris), 1 à l’EHESS (Paris), 1 événement à l’UPMC (Paris) et 2 événements hors de France. Donc rien à l’échelon national, un événement principalement parisien.

Au premier abord, j’aurais pensé qu’en France un tel événement devrait être organisé par un collectif d’institutions/labos/unités de recherche, du type de ceux à l’origine de la pétition I Love Open Access.

Au lieu de ça, en France, l’OAW 2013 a été organisé par MyScienceWork (MSW), une entreprise qui enferme des articles en accès ouvert derrière une barrière d’inscription. Cela avait d’ailleurs déjà été relevé au mois d’août dernier par un documentaliste sur Twitter :

Cerise sur le gâteau, cette entreprise (MSW) initialement crée en France a récemment installé sa domiciliation fiscale au Luxembourg « tout en ayant une filiale à Paris » (pas forcément pour de l’exil fiscal, le Luxembourg est un beau et généreux pays : il a par ailleurs investi entre 1,2 et 1,5 millions d’euros selon les sources de MSW)

La crème sur la cerise sur le gâteau, ce sont les partenariats publics établis. D’après les logos en bas de page d’accueil,

Capture d’écran 2013-11-02 à 17.17.48

l’événement a pour partenaires de nombreux organismes publics et para-publics prestigieux :

OpenEdition, portail de ressources électroniques en SHS qui regroupe les 4 plateformes : (i) OpenEdition Books (livres), (ii) Revues.org (revues et livres), (iii) la plateforme de blogs Hypothèses (blogs de recherche) et (iv) Calenda, calendrier en libre accès de l’actualité de la recherche en SHS). L’ensemble est développé par le Centre pour l’édition électronique ouverte (le Cléo), un centre mixe CNRS-Université de Marseille-EHESS
– Le consortium Couperin, « de négociation et d’expertise des ressources documentaires électroniques de l’enseignement supérieur et de la recherche français. » (définition WP)
– Les Universités Pierre et Marie Curie (Paris) et du Luxembourg,
– L’URFIST, le service inter-académie de formation à l’information scientifique et technique,
– Le CCSD, unité propre de service du CNRS, qui développe dans l’esprit du libre accès les archives ouvertes Hal, la plateforme TEL (thèses en ligne) et Médihal, ainsi que la plate-forme Sciencesconf.org,
EDPSciences, une maison d’édition,
– L’Institut français, établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) qui a pour mission la promotion de l’action culturelle extérieure de la France
– La FMSH, Fondation Maison des sciences de l’homme, de statut associatif à sa création, mais fondation depuis l’année suivante [mise à jour le 16 nov. 2013, note 1], et servant un peu [mise à jour le 16 nov. 2013:] beaucoup de soutien et de coordinateur à de nombreux projets internationaux [mise à jour le 16 nov. 2013:] et pas seulement :)
– L’EHESS, École des hautes études en sciences sociales, de statut « grand établissement » de recherche et d’enseignement supérieur.

Enfin, le pompon sur la crème sur la cerise sur le gâteau, c’est que le site web de la semaine de l’OA en France (http://www.mysciencework.com/open-access-week) est hébergé chez MSW, au lieu d’un nom de domaine « neutre » et rassembleur où tous les partenaires puissent se reconnaitre, et c’est donc seulement cette entreprise qui a bénéficié du trafic généré par cet évènement.

Cela pose de nombreuses questions (je vous fais une synthèse de mes questions et de celles vues ici et là) :

[1] Est-ce que c’est MSW qui, partant de l’observation que les acteurs institutionnels légitimes n’arrivaient pas à se bouger, a décidé de proposer quelque chose et a ensuite réussi à les fédérer, ces derniers étant trop heureux de faire quelque chose « clés en mains », à moindre frais ; ou est-ce qu’une ou plusieurs de ces institutions a fait appel à la boîte, hors toute procédure adéquate, pour leur suggérer d’organiser la semaine, les assurant de leur soutien comme partenaire ? Les quelques questions posées en privé et sur Twitter à certains protagonistes n’ont pas permis d’y voir plus clair. Mais en privé, 2 sources indépendantes et proches de l’affaire, comme on dit, ont affirmé que l’EHESS était demandeur. Cette rumeur est démentie par un tweet assez étonnant [précision le 16 nov. 2013 : étonnant non pas pour le démenti, que je prends extrêmement au sérieux, mais sur l’appel personnel à l’organiser. Comme si là était le sujet.] de Pierre Mounier :

[2] Comment se fait-il que ces prestigieux acteurs de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’édition libre en France ont-ils eu « besoin » d’une entreprise franco-luxembourgeoise (MSW) pour organiser l’Open Access Week à Paris en 2013 ? Que l’entreprise franco-luxembourgeoise ait souhaité ces partenariats se comprend aisément, mais comment EHESS et FMSH ont-ils pu accepter un tel partenariat ? Par faute d’argent ? Par faute d’idée ?

[3] Enfin on peut se demander comment la décision du partenariat a été prise au sein de chacune des institutions sus-citées de demander/accepter d’engager des institutions publiques françaises dans une initiative privée franco-luxembourgeoise dont le fonctionnement est en contradiction avec les principes mêmes de l’open access ?

De façon cohérente (mais étonnante quand on voit la suite des événements), certains partenaires ont d’ailleurs affiché leur soutien (parfois individuel) à la semaine et le site MSW (en plus du logos sur la page), prêtant donc encore une fois de leur légitimité à l’opération :

Acte 2. Le #MSWgate

De son côté, Stéphane Pouyllau (SP), directeur-adjoint d’Huma-Num, la très grande infrastructure pour les humanités numériques, a été invité par MSW pour parler de digital humanities (humanités numériques en français) au cours de la semaine de l’OA. Il a accepté  et cela lui a permis de découvrir la plateforme de l’entreprise en question. Cette découverte a été pleine de surprise et il en a tiré un article très complet, qui offre notamment une session de consulting gratuit à l’entreprise qui saura, espérons-le, en tirer tous les bénéfices (plein de conseils à implémenter, 3 ans après avoir commencé à travailler sur la plateforme. Il n’est jamais trop tard pour se poser les bonnes questions et bien faire).

puis

et

SP ne mâche pas ses mots, il dit notamment que « le moteur de recherche de MSW […] – tout en se réclamant de libre accès […] – en malmène largement les principes ; voir construit son projet en privatisant de la connaissance en libre accès. »

et plus loin

« je trouve ces pratiques malhonnêtes et je dis qu’il s’agit de la privatisation de connaissances en libre accès. »

De son côté, Marin Dacos et n’hésite pas à parler de « vol » dans son commentaire du billet de SP et va jusqu’à dire :

« Avaler et republier des contenus qui ne sont pas placés en licence libre, c’est illégal, c’est du vol, pur et simple. Cela n’a rien à voir avec une quelconque jeunesse technique du projet. Peu m’importe, pour ma part, que les fichiers soient dans une zone d’accès restreinte aux membres. Ce qui doit cesser immédiatement est la republication sans autorisation des articles.
Il n’y a pas de rdv avec HAL qui tienne. A ma connaissance, les auteurs n’ont pas cédé à HAL une licence leur permettant de céder à leur tour les articles à un tiers, sous droit d’auteur ou sous licence libre. En l’absence de mention particulière, les articles appartiennent à leurs auteurs et à leurs auteurs seulement. »

Le billet de SP rencontre pas mal d’échos, à en juger par les riches commentaires et le fait qu’il est soit repris sur Twitter. Par Hubert Guillaud :

Par @Calimaq :

Les réactions

Des réponses de MSW commencent à arriver, mais elles sont largement insuffisantes et « locales »:

À cette occasion, les langues se délient plus généralement sur l’outil proposé par MSW et par les événements de l’OAW, voir par exemple :

ou

ou encore

ou aussi

Tandis que devant les pontes français de l’Open Access (comme Marin Dacos et Stéphane Pouyllau), MSW et ses dirigeants font des courbettes…

…ils n’hésitent pas à se lâcher pour les autres qui posent des questions :

ou :

Bien sûr, il y a çà et là des gens qui se disent choqués par les propos de la dirigeante de MSW :

ou

et

Les soutiens s’expriment cependant principalement en privé. Pourquoi n’osent-ils pas se montrer en public ? Ont-il peur des représailles ? MSW est-il si puissant et dangereux ?

Y a donc un moment où cela a complètement dégénéré, comme le signale également Stéphane Pouyllau :

Que s’est-il passé ?

Quelqu’un a une explication ? Qu’est-ce que cette gestion calamiteuse de mini-crise ? Quelles leçons doit-on en tirer ?

S’agit-il de « darwinisme entrepeunarial » (comme je l’ai reçu par dm par un ami chercheur  : « Elle est en mode Darwinisme entrepreunarial la cheffe. On la critique, elle mord. » ? Je prends les paris que dans les jours qui viennent MSW va prendre des contacts personnels avec Marin Dacos, Pierre Mounier et Stéphane Pouyllau pour essayer de désamorcer le #MSWgate qui n’a déjà que trop duré.

Mon problème n’est personnellement pas avec MSW mais avec la façon dont l’OAW a été mené en 2013 (ou pas, justement) par les institutions publiques impliquées dans l’Open Access : j’attendais plus de sérieux de leur part. Gageons que cet épisode n’est que la base d’un OAW 2014 dans l’esprit initial d’accès ouvert et de collégialité. Ceci dit, il faudrait faire attention car le modèle économique de MSW est basé sur le journalisme scientifique et la « mise en place prochaine d’un compte premium ». Il ne faudrait surtout pas que le travail d’ouverture entrepris par les institutions de recherche françaises finisse sous accès premium pour favoriser un retour sur investissement de l’État luxembourgeois.

P.S. Je n’ai pas pu participer personnellement à l’OAW 2013 malgré une invitation à y parler (au nom de Deuxième labo) donc je ne remets pas du tout en question la mise en œuvre de l’événement mais son insertion dans le tissu public existant et actif de l’Open Access en France.

Notes

1. C’est une lecture trop rapide des premières lignes de la page Wikipédia de la FMSH qui m’a induite en erreur. Et ceux qui me diraient « Mais enfin, ça s’appelle « Fondation… », c’est forcément une fondation », je connais trop bien le cas de la Fondation Sciences Citoyennes, de statut associatif pour m’arrêter à ça.

2. Je ne voulais pas blesser personnellement aucun des acteurs de cette histoire. Apparemment, ça a été le cas. Je les prie de m’excuser. Mais je leur pardonne pas d’avoir laissé des gens m’insulter publiquement sans réagir.

test (désolée de devoir en passer par là)

test d’intégration (embed) de tweet : que se passe-t-il si le tweet est effacé ? Et les RT sont-ils comptabilisés ? Autrement dit, l’intégration est-elle dynamique ? Je crains que oui…(ça a aussi des avantages, mais beaucoup d’inconvénients)

#billet auto-réflexif, insertion d’une capture faite à 14h02, juste avant la suppression du tweet
(pour mémoire)

Capture d’écran 2013-11-02 à 14.01.22

Capture de la page après suppression du tweet intégré par le code « embed » :
Capture d’écran 2013-11-02 à 14.06.26

Pourquoi l’ANR devrait ouvrir ses données sur la recherche française #opendata

Il y aurait tant de bonnes raisons qui devraient enfin convaincre l’ANR d’ouvrir ses données…j’ai fait le choix de ne donner la parole qu’aux chercheurs (et personnes proches de la recherche) sur Twitter. Quand tant de questions sont sans réponse, et que cela donne naissance à tant de spéculations, la seule solution est la transparence.

Morceaux choisis :

 

Tics de biologiste de laboratoire ramenés à la maison #thèsedebio #maviedechercheur

(work in progress)

  • Ranger les choses « à 4°C » au lieu de dire « ranger dans le frigidaire » comme tout le monde. Et à « -20°C » pour le congélateur
  • Marquer ses affaires (stylos, règles, ordis) avec du scotch et ton prénom ou nom ou initiales dessus
  • Rendre étanches tes bocaux etc. avec du Parafilm (j’en ai piqué qqs mètres en quittant de mon labo. Puis je me suis dit que j’en aurais jamais assez. Donc je radine à l’utiliser. #fail)
  • Noter la date des choses que tu ranges au frigo ou au congélo avec un marqueur indélébile sur la boite/le sac en plastique
  • Avoir toujours plusieurs marqueurs de couleurs et épaisseurs différentes chez toi
  • Noter son nom sur les verres en plastique en soirée (avec un marqueur indélébilie)
  • « Javeliser » les récipients où des micro-organismes non désirés ont poussé avant de les passer au lave vaisselle

=> Faudrait penser aussi à expliquer pourquoi on fait chacun des trucs dans les labos de bio, à quelles contraintes/usages ça correspond. Démêler ce qui relève du personnel/local et ce qui relève du collectif/généralisable/disciplinaire.

=> Regarder quels tics se font aussi dans les labos d’autres disciplines ou environnements de travail.

Quels outils numériques pour les SHS ? #enquête

(réponses organisées par fonction & publiées au fur et à mesure de leur arrivée) (dans xN, N est le nombre de fois qu’un outil à été cité, x est le signe multiplication :-)

(nombre total de personnes ayant répondu : 11. Merci à @SubstanceM, @Jean_no, @louije, @ephore, @fheimburger, @inactinique @thierrystoehr @mXli1, @infoclio, @lmerzeau, @spouyllau)

Pour des activités qui constituent le cœur de métier du métier

Pour gérer/annoter/partager sa bibliographique :

Zotero (x8), grand champion de cette consultation. Sans doute un bon ‘marqueur’ des biais de cette étude :)

Pour faire sa recherche bibliographique :

Jstor « a digital library of academic journals, books, and primary sources. » (voir aussi Affaire Swartz contre JSTOR et JSTOR sur Wikipedia)

Gallica « Plus de 2,5 millions de documents consultables et téléchargeables gratuitement : livres, manuscrits, cartes et plans, estampes, photographies, affiches, revues,  » (x3)

Google Book = Google Livres (voir la page Wikipedia, ne pas passer à côté des controverses, notamment avec la BNF, ici par exemple) (x2)

Cairn « Revues de sciences humaines et sociales en texte intégral. » (x2)

Isidore « Accès aux données et services numériques de SHS » (voir la page WP) (x2)

Archive.org « The Internet Archive, a non-profit, is building a digital library of Internet sites and other cultural artifacts in digital form. Like a paper library, we provide free access to researchers, historians, scholars, the print disabled, and the general public. »

Revues.org : « plateforme de revues et collections de livres en sciences humaines et sociales, ouverte aux collections désireuses de publier en ligne du texte intégral. »

Persée « Site de numérisation rétrospective de revues françaises en sciences humaines et sociales. Texte intégral en mode image et mode texte (OCR). »

– Sudoc « Le catalogue du Système Universitaire de Documentation est le catalogue collectif français réalisé par les bibliothèques et centres de documentation de l’enseignement supérieur et de la recherche »

Pour l’archivage (oui ! certains chercheurs y pensent) :

– HAL-SHS (x2) « destinée au dépôt et à la diffusion d’articles scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, dans toutes les disciplines des sciences humaines et de la société. »

Pour des activités non spécifiques des chercheurs

Envoyer/recevoir des mails :

– Thunderbird (libre et gratuit) (x2)

Navigateur web :

– Firefox (libre et gratuit)

Traiter du texte :

– LibreOffice, OpenOffice (x2), Word ; ReText (éditeur plain text/mark-up) ; Emacs orgmode ; LaTeX

Veiller sur les sujets d’intérêt :

– Un lecteur de flux RSS (feu Google Reader, à remplacer par Feedly ?)

– Twitter \o/

Traiter des photos :

– Gimp (alternative libre et gratuite à Photoshop)

Réseaux sociaux :

– Twitter (x4) (3 des 4 personnes qui l’ont cité n’ont pas précisé pour quelle fonction, alors je l’ai mis dans la meaningless catégorie de « Réseaux sociaux » (qui n’est pas un usage mais en permet de très nombreux)

Créer son blog :

– WordPress

Rechercher de l’information (et la compléter/organiser/corriger etc. ) :

– Wikipedia

Prendre des notes :

– Evernote « pour gérer mes lectures, notes en conf, notes en réunion et tout classer avec des tags » (x2)

Lire de façon « asynchrone et organisée » :

Instapaper « A simple tool for saving web pages to read later on your iPhone, iPad, Android, computer, or Kindle. »

Programmer :

– Un langage de programmation (x2) (Processing « …an electronic sketchbook for developing ideas. »,…) ; Arduino « Open-source electronic prototyping platform allowing to create interactive electronic objects. »

Parler à sa machine :

– Un shell

Pour visualiser un réseau :

– Gephi «  interactive visualization and exploration platform for all kinds of networks and complex systems, dynamic and hierarchical graphs. Libre et gratuit.

Pour faire de l’analyse de texte et plus encore

– Iramuteq : « Interface de R pour les Analyses Multidimensionnelles de Textes et de Questionnaires »

Quelques réponses qui donnent des « visions » du travail de chercheur :

Il me semble pouvoir lire dans ces 2 réponses, une façon de décrire de façon très synthétique le travail du chercheur en SHS :

Cette proposition me fait me dire qu’une façon de définir le travail du chercheur en SHS est le trio « lire les autres, écrire soi-même et diffuser ses travaux ». Dans la suivante, on pourrait dire que le travail de chercheur peut se définir par le trio « écrire, lire, coder » :

(Louis-Jean qui précise plus loin « et en l’occurrence, sur Mac, je dirais TextMate, BibDesk et Ruby »)

De la matière à réflexion !

 


Note : évidemment j’ai demandé à Twitter de NE PAS intégrer mon tweet auquel répondent mes correspondants, mais cocher ou décocher la case ne modifie pas le code à inclure, et intègre dans tous les cas mon tweet. Si vous avez une solution, je suis preneuse)

J’ai visité l’expo « Amy Winehouse: A Family Portrait » au Musée juif de Londres

Capture d’écran 2013-09-04 à 09.38.54J’en avais entendu parler par la presse en France et j’avais très envie de voir l’expo. Avec une carrière de 2003 à 2011, mondialement célèbre à partir de 2006 et morte à 27 ans, une voix incroyable dans un petit corps malade, Amy me fascinait un peu, sans que je ne me sois intéressée tant que ça à sa personne (ni à sa musique, en fait).

C’est une toute petite expo où il est interdit de prendre des photos (alors que c’est autorisé dans le reste du musée dont je parlerai ailleurs). J’aurais voulu surtout photographier le texte d’introduction qui accueille les visiteurs en guise d’avertissement : ce n’est pas un hommage à un membre particulier de la famille, tous les membres ont la même valeur, ou un blabla du genre…qui te prépare à l’idée que l’expo va précisément être.. un hommage personne (peut-être que je vois de la prétérition partout ?). En même temps, de la part de la famille (en fait, surtout le frère), on s’attend un peu à ça, non ? Ce texte m’a donné un sentiment bizarre, presque de malaise, sans que je puisse l’expliquer plus précisément.

Voici un diaporama de photos ici (pourquoi les journalistes ont le droit de prendre et publier des photos et pas les autres visiteurs ? Surtout vu la qualité de leurs photos, on dirait presque qu’elles sont volées, faites avec un téléphone…)

L’expo tient dans une grande salle d’environ 50 m2, avec plusieurs vitrines contenant des effets personnels de la chanteuse, beaucoup de robes et de chaussures, mais aussi des photos et des objets (disque, bar, sa 1ère guitare, ses livres du Dr Seuss et des Peanuts, passion familiale).

On sent que le frère (qui signe la plupart des textes de l’expo) essaye tout le temps de dédramatiser, de ne surtout pas être trop positif ou nostalgique concernant sa sœur, précisant à 2 reprises qu’elle lui a volé tel objet, que sa guitare ne valait pas un clou mais qu’elle n’utilisait que celle-là, etc. Bizarre. Ou alors il n’est vraiment pas gentil, à essayer de faire le rigolo comme ça.

Les 3 éléments qui m’ont le plus intéressée :

– la dissertation que Amy a écrit pour candidater à l’école de théâtre Sylvia Young. Elle n’a que 12 ans (je crois), et c’est super mûr et personnel. Elle dit qu’elle veut chanter pour que les gens oublient leurs soucis pendant quelques instants.

– la carte de Londres où sont épinglés à leur lieu précis des photos des lieux importants pour elle : la maison de sa grand- mère, la maison où elle a grandi, son école, Camden où elle a choisi de vivre et où elle est morte (et où se trouve le Musée juif). J’aime les cartes, et c’est un bon usage qui en est fait.

– la liste de ses chansons préférées, liste faite à la main quand elle était gamine. Mignonne écriture de gamine, chansons grands classiques du jazz…influence familiale.

Le plus gênant dans l’expo, c’est le silence total sur son mariage houleux, sur son addiction à diverses drogues dures, ses cures de désintoxication (dont a été inspirée la chanson Rehab par laquelle j’ai dû entendre parler d’elle la 1ère fois), et son alcoolisme…qui finira par la tuer. C’est gênant, voire carrément insupportable. L’autre chose qui m’a dérangée, c’est de lire autant de textes assez personnels mais pas très intéressants du frère. Ça donne l’impression qu’il s’est fait plaisir, qu’il s’est fait sa petite expo, et raconte un peu sa vie. Enfin, le site web de l’expo dit « Amy was close to her family and had a strong sense of her Jewish roots and heritage. » Je ne sais pas, mais en tout cas l’expo ne démontre pas vraiment la 2ème partie de la phrase…

Vu le public croisé dans le musée, l’expo a permis de faire venir au Musée juif des gens qui n’y seraient pas allé sinon. Ce qui est une bonne chose, parce que le musée vaut vraiment le détour, pour le coup. Surtout avec des enfants. Voir le billet suivant, quand j’aurais réussi à me dépatouiller avec mes photos et Gimp.

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