11 septembre 2001 : que faisiez-vous ce jour-là ?

Je devais prendre l’avion pour Istanbul en fin de journée (19h00?) avec E. J’avais pris ma journée (j’étais en thèse) ce mardi. Je ne sais plus ce qu’on a fait la matinée, à part faire nos valises. Bizarrement, on n’a pas écouté les infos (à la radio) ni parlé au téléphone avec qui que ce soit (en tout cas pas de « ça »). La nouvelle a dû tomber en Europe (UTC+1) vers 15h30, et nous avons quitté la maison vers 16h30-17h, toujours au courant de rien. Nous avons dû marcher de la Rue Lacépède jusqu’au RER Luxembourg. Les gens ne parlaient pas de ça dans le RER.C’est une fois à l’aéroport (CDG, peut-être le Terminal T9, sorte de préfabriqué dédié aux charters, appellé aujourd’hui T3, mais peut-être un terminal normal, sinon), vers 18h (11h du matin sur la côte Est des EU), qu’on a entendu les premières annonces :

Suite aux événements survenus, tous les vols sont suspendus vers les États-Unis.

Je me suis demandé de quel type d' »événement » il pouvait s’agir. J’en ai parlé à E. J’ai conclu que ça devait être des ouragans, tornades et autres catastrophes naturelles extraordinnaires dont ce continent avait l’air habitué (et qui nous paraîssent exceptionnel vu d’Europe, continent paisible). J’ai quand même trouvé ça bizarre d’appeller ça des « événements » et que ça bloque TOUS les vols.

Tout ça ne nous a pas perturbé plus que ça.

En attendant dans la salle d’embarquement, j’ai remarqué qu’on allait voyager avec toute une équipe de volley ou de baskets féminine turque (survèts, grandes tailles, etc), ça m’a fait rigoler. Je suis allé m’acheter un truc à manger, et dans le petit kiosque juste à côté de la salle d’embarquement, et c’est là que j’ai entendu la radio qui parlait de détournement d’avion et d’impact à NY (je ne sais plus le détail, mais c’était une info grave). N’ayant pas tout entendu, j’ai demandé au vendeur de quoi il s’agissait. Il m’a dit qu’un/des avion/s avaient été détournés aux États Unis et sans doute quelque chose au sujet des tours jumelles (déjà effondrées à cette heure-là ?). Incrédule, je lui ai demandé de qui il s’agissait, pourquoi, comment (comme s’il pouvait savoir ), il m’a dit qu’on pensait que c’était lié aux problèmes dans le Proche Orient, donc le conflit Israélo-Palestinien. Je me suis dit « mais oui, c’est ça, bien sûr », et je suis allé me rasseoir, pas plus inquiète ni impressionnée que ça. J’ai dû raconter ce que j’avais entendu/compris/interprété à E, en tout cas cela n’a pas été un sujet de conversation. RAS sur le vol d’une durée de 3h-3h30 : lire, dormir, manger, bavarder.

Arrivée à Istanbul entre minuit et 1h. Ma mère était venue nous chercher. Retour en bus ou en taxi, je sais plus. Elle nous a demandé si on avait entendu parler de la nouvelle, que c’était totalement hallucinant, des images et films totalement fous, des gens qui sautent par les fenêtres, des tours qui s’effondrent, du jamais vu. On a passé le voyage à poser des questions, sonnés, impatients d’en savoir et voir plus.

Une fois arrivés à la maison, on a tout de suite allumé la télé. Un petit nombre d’images tournaient en boucle. Mais on ne montrait déjà plus les gens se jettant des fenêtres. Que je n’aurais du coup jamais vu. Et qui m’auront toujours laissé un sentiment bizarre d’avoir raté quelque chose et aussi d’avoir été épargné d’un voyeurisme malsain. On s’est couché tard, super fatigués. On savait (il me semble, mais peut-être que je reconstitue) que ça allait changer la face du monde.

Et vous, me raconteriez-vous ce que vous vous souvenez de votre 11 septembre 2001 ?

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34 réflexions sur “11 septembre 2001 : que faisiez-vous ce jour-là ?

  1. Jean-no dit :

    Je ne sais plus ce que je faisais mais je me rappelle que ma fille aînée n’était pas à l’école, alors que son frère, oui. Ma grande est venue nous dire : « c’est incroyable, venez voir la télévision ! »… Et là, il y avait effectivement quelque chose qu’elle n’avait jamais jamais vu : il y avait le même programme sur toutes les chaînes.

    Avec Nathalie, on a mis du temps à comprendre les images : un incendie à New York ? On a vu le second avion, je crois, et surtout l’effondrement des tours. J’ai du rater le premier d’ailleurs, car il fallait aller chercher mon fils à l’école. Je ne suis plus sûr de ce que j’ai vu ou pas exactement, car les mêmes images sont repassées en boucle ensuite.
    C’était un peu la fin du monde, avec la perspective à la fois vertigineuse, effrayante, et légèrement excitante qu’il allait se passer beaucoup de choses dans les jours, les mois, les années à venir.

  2. Tom Roud dit :

    Je m’en souviens très bien : j’étais au CEA Saclay dans le bureau d’un collègue, milieu/fin d’après midi. On était en train de rédiger un papier, et on entend quelqu’un discuter dans le couloir. On capte des mots : « un avion s’est écrasé dans le World Trade Center ». Puis je ne me souviens plus très bien, j’ai dû aller voir sur internet et cela n’a peut-être pas bien marché car je me vois descendre dans ma voiture et allumer la radio pour écouter ce qu’il se passe. Je suis rentré assez vite pour aller voir ce que la TV disait.

  3. msb514 dit :

    Ce jour là d’avant je ne me souviens de rien. Une journée ordinaire sans bruit. Pas de radio, pas de télé. A la sorite de l’école maternelle rien non plus. C’est au square, deboiut à côté du banc au coin, juste après « l’heure des mamans » au milieu des petis d’hommes avec leur qurelles et défis de bac à sable, qu’un parents m’a informé. Informé si on peut dire je l’ai écouté avec incrédulité, sans aucune concsience de la réalité des faits. Une information trop grosse pour être consommée en un seul morceau. Ce n’et qu’au retour, peut être un peu précipité, que les images m’ont d’un coup précipitée à mon tour dans une nouvelle réalité. Assomée et incrédule. Et puis bains, repas, coucher, boulot, … la vie a repris son cours identique mais portant plus pesante et plus angoissante que quelques heures auparavent. Plongés d’un coup au coeur de l’histoire sans avoir encore la pleine conscience des changements qui découleraient implacablement de ce 11/09.

  4. Cala dit :

    J’étais chez une de mes tantes dans le New Jersey. Je me suis réveillée vers 9h ou 9h30, en descendant l’escalier j’ai tout de suite vu ma tante en larmes, j’ai pensé qu’il y avait un décès dans la famille. Elle m’a montré la télé allumée, la première tour était abîmée. Je me suis installée devant la télé et un avion est apparu, il est rentré dans la deuxième tour.

    Sur le moment, je me sentais « normale », j’ai un peu l’esprit à ne pas vouloir m’inquiéter quand tout le monde parle de catastrophe. J’ai envoyé un mail à ma mère, pour lui dire ce qui s’était passé, elle m’a immédiatement répondu un mail laconique. « À partir de maintenant, on peut s’attendre au pire. » Je venais de passer 8 mois aux USA et devait prendre un avion pour Paris 1 semaine plus tard, ce qui semblait proche. Le mail de ma mère m’a sortie de ma bulle et j’ai pris conscience qu’il y avait de quoi s’inquiéter. En fait, ce qui m’impressionnait le plus, c’est qu’on puisse attaquer une capitale, je ne me sentais pas française ou américaine, je me sentais habitante d’une capitale, ce que je trouvais le plus impressionnant c’est qu’une capitale puisse être vulnérable (je sais bien que c’est con, et qu’au cours des guerres les capitales sont attaquées, mais j’avais un sentiment d’impunité des capitales avant).

    Je n’avais pas revu NYC depuis mes 6 ans, je rendais toujours visite à ma famille sans qu’on y aille, mais cette fois-ci mon autre tante du New Jersey avait pris sa journée du 12 pour qu’on aille se promener à NYC toutes les 2. Et ma visite à NYC a été reportée à encore qq années plus tard.

    Dans l’après-midi du 11, on est allés à la plage pour regarder les fumées qui s’élevaient au dessus de NYC. Sur les ponts aux dessus des routes, des gens avaient déjà suspendus des draps avec des inscriptions, mais j’ai oublié quoi. Sans doute « In god we trust », ou qch de cet acabit.

    Je suis ensuite allée qq jours chez une tante en Rhodes Islande, en arrivant chez elle, elle m’a tout de suite accroché un pins du drapeau américain sur mon t-shirt. Mes cousins de mon âge disaient qu’ils étaient près à partir à la guerre. Scary.

    J’ai pris l’avion du retour à Providence, petit aéroport, à l’époque pas du tout équipé en matériel pour scanner les bagages. Des joueurs de baseball sont passés comme ça, nickel avec leur batte en bagage à main. Et moi comme d’hab, l’américaine à l’accent français, on m’a fait tout déballer. Je venais de passer 15min à re-répartir mes 2 énormes valises pour que chacune rentre dans la norme de poids, avec un mal fou à les fermer, et on m’a fait tout ressortir, devant tout le monde, petites culottes etc, 8 mois de voyage étalés, à la fin, plus moyen de refermer les valises, et dans leur grande bonté ils m’ont filé un carton gratuitement pour que je puisse remporter mes affaires.

  5. elifsu dit :

    Merci beaucoup pour vos témoignages !

    Je suis très émue en lisant certains passages. On a quand même vraiment vécu un de ces moments dont on sait qu’ils sont historiques à la minute même dont on en prend connaissance.

    J’aurais peut-être dû lancer mon appel lors d’un anniversaire du 11 septembre, mais l’idée m’est venue avec ce même sentiment retrouvé ces jours-ci, avec la fermeture de tant d’aéroports européens, dans un monde dont on nous dit qu’il est extrêmement mondialisé, et dépend de cette mondialisation.

  6. elifsu dit :

    Sur le même sujet : http://blog.lignesdefuite.fr/post/2006/09/10/je-nai-rien-vu-le-11-septembre
    (qui dit qu’il n’a rien vu mais se rappelle quand même précisément ce qu’il a fait le 11 septembre, ne serait-ce que parce que la question lui a été posée dans les jours suivants et qu’il a du reconstituer sa journée pour savoir, pour comprendre).

  7. Thomas Corneille dit :

    Le 11 septembre 2001 devait être un jour très important puisque, en raison de la rentrée très détendu du lycée où j’étais stagiaire, je devais faire ce jour-là mon tout premier cours comme enseignant. A quinze heures. Et j’avais depuis des mois promis à mes cousins Duzan devenir ensuite dîner chez eux pour leur raconter.
    Ca se passe très bien : on avait dû dire aux élèves que j’étais leur prof, et eux, les naïfs, ils l’ont cru ! Je prends le bus puis le RER puis le métro, puis l’autre métro, soit insensible à toutes les conversations, soit que personne n’en ait parlé (après tout la plupart des gens ont dû apprendre la nouvelle en rentrant chez eux le soir), j’arrive à Villejuif, je sonne chez les Duzan. C’est Grégoire qui m’ouvre ; il tire une tête de dix mètres.
    Lui — Salut.
    Moi (guilleret) — Me voilà !
    Lui — T’es pas au courant ?
    Moi — Au courant de quoi ?
    Lui — Y a plus de World Trade Center.
    Moi — Tu déconnes.
    Lui — Non. Viens voir.
    On s’est tous retrouvés devant le poste dans l’appartement de ma grand-mère (ma grand-mère avait un appartement chez mes cousins, enfin je ne vais pas vous décrire la maison, c’est compliqué.) Je me souviens des mêmes images que tout le monde, mais on nous les martelait, que chacun essayait de comprendre (et que ceux qui savaient bien qui étaient les talibans, dont on avait tout de suite parlé, l’expliquaient aux autres), et surtout, du coup (mais était-ce déjà le mardi soir ?), de la tête de déterré de Jospin, pire que celle de Grégoire, et qui semblait regarder le travail à venir avec effroi (qui sait si ce n’est pas ce jour-là qu’il s’est démotivé pour la présidentielle ?).
    Sur le moment, et bien qu’un de mes meilleurs amis travaillât à l’époque dans la Tour Montparnasse, je n’ai pas du tout eu peur des avions. En fait les attentats ont plutôt réveillé le souvenir de ceux de 1995, qui m’avaient marqué parce que la bombe de Saint-Michel avait raté de peu mes camarades de khâgne qui devaient aller à Fontenay consulter les résultats du concours de Normale (eh oui, à l’époque on allait sur place pour avoir des résultats de ce genre), et parce que je n’étais moi-même passé qu’à une heure d’une autre, celle de Port-Royal.
    Et voilà que j’allais passer 2 heures et demi dans les transports chaque jour où j’irais travailler !… Ce sont donc plutôt les trains qui m’ont fait prendre conscience du danger. D’autant que dix jours plus tard, pendant que je me faisais établir ma carte intégrale à l’agence SNCF de Melun, une employée est arrivée en disant « Y a eu un attentat à Toulouse, une gigantesque explosion ». En fait c’était l’usine AZF, mais dans le contexte, tout le monde avait peur d’une attaque…

  8. tim dit :

    C’était une belle journée de septembre, et depuis peu je découvrais le rythme intensif de la prépa. Contrairement à notre habitude, nous sommes sortis de cours un peu avant midi. Etant dans un internat, cela nous a donc laissé le temps de remonter dans nos chambres déposer nos quelques affaires avant de redescendre déjeuner. J’étais alors parmi les derniers à arriver dans le couloir, et quelle ne fût pas ma surprise de voir tout le monde amasser dans la plus petit chambre de tous l’internat, la mienne ! L’espace exigu résonnait aux sons de France Info. Ma vieille chaine stéréo renvoyait sans relâche les commentaires hallucinés des journalistes décrivant ce qui, la vieille, était impensable. Trop jeunes en 89, nous entrions ce jour-là, peut-être sans trop le savoir, mais de plein pied, dans notre époque actuelle. Alors que Fukuyama nous rappelait, au mieux, une marque de moto, nous ne tarderions à situer Kandahar sur une carte, puis Bassorah.

  9. Nathalie dit :

    Oui, je me souviens très bien de ce jour là. Il devait être aux alentours de 16h. Nous étions en train de travailler dans notre bureau quand notre fille ainée nous a appelé pour qu’on vienne voir la télévision. La raison pour laquelle elle était déjà à la maison est simple : elle venait d’entrer au collège et avait terminé plus tôt ce jour là. Elle avait probablement cherché à regarder des émissions pour enfant mais ce qui l’avait frappé, effectivement, c’est qu’il y avait le même programme sur toutes les chaines. Il était évident qu’il s’agissait d’une édition spéciale mais nous n’avons pas compris tout de suite ce qui était en train de se produire. Nous avons, c’est vrai, pensé à un incendie de New York. Je ne suis même pas certaine d’avoir compris l’image du second avion, sur le coup. Je crois même avoir pensé que c’était une sorte de Canadair… En revanche, je me souviens très nettement du moment où j’ai vu la tour s’effondrer et le choc que représentait le fait de voir ces images en direct. C’était assez apocalyptique. En allant dehors, un peu plus tard (je me souviens qu’il faisait beau) j’ai ressenti ce même sentiment d’étrangeté et de légère désorientation qu’on a au sortir d’un film qui nous a retourné ou après une nuit blanche.

  10. elifsu dit :

    Oui, oui, moi aussi je me souviens d’une journée plutôt belle et ensoleillée. Et je vois tout à fait ce sentiment dont tu parles, à la sortie d’un film ou d’une nuit blanche, le retour à la vie réelle en quelque sorte…

  11. Foster dit :

    Le 11 septembre 2001, c’était ma rentrée de prépa à Saint-Louis. On sort avec 2 copines un peu plus tôt, profiter du soleil, descendons le boulevard saint-michel. Et puis on aperçoit un nombre monstrueux de gens devant Gibert Joseph Musique. D’abord je me suis dit « Chic, une dédicace ou un concert surprise ». Et là, Bam, les images. Sur écran géant. Avec le son. On est resté scotché et complètement incrédules pendant un bon 1/4 d’heure. Et puis on entendait des rumeurs d’autres attaques, des USA qui allaient riposter, de 3ème guerre mondiale, bref, ambiance bien flippante. Et puis on est parti. Au métro Odéon, des gens souriants, insouciants et nous, la tête à l’envers, qui nous demandions quelles têtes ils auraient quand ils apprendraient la nouvelle. Voilà.

  12. Mathias dit :

    Le 11 septembre 2001 j’ai repeint mon nouvel appartement.

  13. Eva dit :

    Je me souviens plutôt bien.
    Il faisait beau à Francfort ce jour là.
    Je suis rentrée à pied de mes cours en longeant le zoo, une allée bordée
    d’arbres centenaires.
    Arrivée à la maison, j’ai ouvert la radio. Une radio locale. Il était 15 heures,
    15 heures 5. La radio, par réflexe.
    De loin, en déambulant dans l’appart. j’ai entendu parler de pompiers,
    d’incendie. J’ai cru qu’il y avait un incendie quelque part à Francfort.
    Donc je me suis rapprochée du poste de radio- je n’ai pas bien compris ce dont
    il s’agissait. J’ai ouvert la télé, la chaine d’infos en continu. Et là j’ai vu
    ces images. Les avions, les tours qui prennent feu, les gens.
    Et je suis restée scotchée à cnn et bbc.
    Entre temps le téléphone a commencé à sonner. Je me souviens que beaucoup de
    personnes ici ont immédiatement redouté un attentat à francfort. L’aéroport. Par
    exemple.

  14. Sophie Pène dit :

    Je faisais cours dans une salle informatique, avec des MIAGE. Ils avaient des écrans incorporés dans les tables, et quoi qu’on leur raconte, qu’on leur demande de faire, ils étaient toujours affairés, les yeux à la perpendiculaire de leur table. Pas toujours très agréable, c’est tout le problème de la connexion perpétuelle… Je crois qu’ils travaillaient par deux ou trois. Et un groupe m’a appelée pour me montrer les premières images, faraud d’illustrer par un fameux scoop sa distraction désinvolte. Dans cette salle automnale, trop chaude de sa vingtaine d’ordinateurs, stores baissés, les cris d’enfants en récréation dans l’école voisine, ça nous est arrivé en format d’écran, pleinement là, dans cet à-plat, et pleinement domestiqué, image dans le meuble. Je crois que j’ai appelé celle de mes filles qui n’était pas en cours « Tu as vu ça ? ». « Evidemment ». En mars mon père était mort, après la grande tempête qui avait détruit tous les arbres de notre forêt. 2001, c’est l’année pour moi du début d’un autre monde, énorme, massif, gueulard, sombre. On se disait, « ces Américains, 3000 morts, ce n’est pas le million de meurtres au Rwanda », mais voilà, c’était bien énorme, on essayait de se défendre de cette spectaculaire horreur, cruellement et sagacement calibrée pour la télé.
    Plus tard un de mes étudiants m’a raconté qu’il travaillait dans la statue de la liberté quand c’est arrivé, son job d’été, qu’il était à la veille de rentrer en France, et projetait ce quartier de Wall Street pour sa dernière visite . Il n’a pas pu revenir à son hôtel ce soir-là, il est resté plusieurs jours sans vol pour Paris, sans téléphone, imaginant ses parents silencieux collés à leur télé à Paris le cherchant des yeux dans les images désastreuses. Il y a eu le livre de Camille de Toledo, Archimondain et joliPunk, un an plus tard. C’était bien expliqué, ça, cette parenthèse refermée entre la chute du mur et la chute des tours. Depuis j’ai vu à New York le mémorial avec les témoignages des survivants des tours. Il y a un père qui raconte habiter en face des tours et ramener son fils, un peu malade, de l’école. De leur fenêtre, ils voient l’avion, ils voient la tour, ils voient le feu. Et son fils crie « Papa qu’est-ce que c’est ? Des gens sautent par les fenêtres en face » Non, non ! et qu’il lui a caché les yeux. Evidemment c’est bouleversant, ce quotidien confort qui vire en fin du monde. Add your story… http://makehistory.national911memorial.org/ Elifsu, tu es tellement tendance, tu as le même protocole du témoignage, tu devrais te spécialiser en memorials (les jours du volcan, le 6 mai 2007, Tiens si tu veux savoir, le 28 janvier 1986 quand la navette Challenger a explosé, Clémence ma fille s’affairait à sa naissance – De fortes conversations, richement métaphoriques, me parvenaient)

  15. P dit :

    J’était sur le retour en voiture de l’enterrement de ma mère….
    j’ai mis la radio, et mon père m’a demandé de changer, je n’ai pas compris pourquoi car je n’écoutait pas, j’ai changé mais toutes les radios disaient la même chose…
    Le lendemains je prenais l’avion pour geneve

  16. M dit :

    Pour ma part en fait je ne me rappelle plus ce que je faisais ce jour là, je crois que je suis allée au ciné mais j’en suis pas sure ..

  17. Sabine Sur dit :

    C’était une belle journée, je venais de commencer les cours de théâtre, on était allé manger à un snack Pomme de Pain. En rentrant c’est ma voisine qui m’a alpaguée (elle alpaguait, cette voisine) en me disant « Mais tu sais pas ? Y a des avions qui ont détruit les tours du World Trade Center ».

    Ce soir-là j’ai vu ma cousine, nous avons regardé les informations – les mêmes images qui tournaient en boucle – nous avons décidé d’aller au cinéma comme prévu, voir Absolutely Fabulous, la salle était presque déserte et les rires rares. Nous nous sommes senties coupables d’avoir été voir une comédie. Nous sommes rentrées chez elle et nous avons regardé les informations, toujours les mêmes images, en boucle. On se demandait s’il y allait avoir la guerre, si les terroristes allaient encore frapper.

    Le surlendemain notre prof de théâtre nous a fait un discours sur le sens de la vie, le genre de questions qu’on se pose quand on n’est pas sûr de l’avenir.

  18. Martin dit :

    Cette année-là, j’étais prof aux US, au MIT à Cambridge. Ma famille habitant à Princeton, j’y passais les week-ends, et je commençais une routine consistant à prendre le train ou l’avion le dimanche soir ou le lundi matin. Le 10 septembre au soir, j’ai pris l’avion à Newark; l’avion a eu plusieurs heures de retard, je suis donc arrivé à Logan Airport à Boston vers 2h du matin — sans savoir évidemment que deux des avions du 11 septembre allaient partir de Logan quelques heures plus tard ! Quelques jours plus tard, on pouvait voir à la télé les films des caméras de vidéosurveillance de l’aéroport montrant Mohamed Atta passant les contrôles de sécurité peu avant 6h le 11 septembre.

    Le 11 septembre au matin, je faisais cours, et c’est seulement en sortant des cours que j’ai vu les énormes attroupements devant les télévisions qui jalonnent les couloirs du MIT. Je n’y ai pas trop prêté attention; je suis allé manger un sandwich à la cafétéria, et c’est là que j’ai compris ce qui se passait, en regardant ces incroyables images qui défilaient en boucle.

    Comme bien des français, j’ai été traversé de sentiments contradictoires : les attentats sanglants, nous on connaissait (j’habite à deux pas du RER Port-Royal), alors que les Etats-Unis y avaient curieusement complètement échappé. Mais la réalité de l’horreur, il était difficile d’y échapper : lorsque les trains ont été rétablis, et que j’ai pu regagner Princeton, quand mon train s’est approché de New-York, il y avait encore de la fumée qui montait du site du WTC. En arrivant à Princeton, à la gare, des dizaines et des dizaines de petites affiches, avec des photos, à la recherche illusoire des disparus. Des dizaines de cadres travaillant au WTC habitaient Princeton et prenaient le train pour New-York chaque matin. A l’école de mes enfants, plusieurs enfants avaient perdu père ou mère.

  19. stephanie dit :

    J’étais dans mon appart’, en France, sur mon ordi, en train de rédiger ma thèse. En fond, comme toujours à cette époque, un tchat (de chez multimania me semble-t-il). Je parlais souvent avec les mêmes personnes, dont certaines étaient au Canada.
    J’ai eu l’info via ce tchat, quasiment en live. Et là, j’ai essayé de me connecter au site de France Inter : serveur en vrac. Au site de France info : serveur en vrac… Et comme ça pour tous les sites de médias auxquels j’ai tenté d’accéder. Du coup, j’ai continué à tchatter et à suivre les événements comme ça, sans voir d’images (je n’avais pas la télé). C’est plusieurs jours après que j’ai pu visualiser ça et comprendre mieux l’ampleur de l’événement.

  20. Aurore dit :

    Moi aussi, je me souviens plutôt bien de cette journée.
    Je rentrais d’une virée au centre commercial du coin, quand mon téléphone a sonné. Je gare ma voiture comme je peux, et je réponds: c’était mon meilleur pote, qui a l’époque bossait dans une agence de presse photo. Il m’annonce ce qui se passe: grosse incrédulité de ma part. Je raccroche, et je repars, pour aller chez une copine. En arrivant chez elle, la télé était allumée, et elle m’annonce d’un air dramatique « T’es au courant? C’est la guerre ». On s’est posées devant ces images, qui passaient en boucle… Je me souviens aussi (avec un peu de honte, je l’avoue) avoir ri quand j’ai appris que le Pentagone avait été touché. Trop énorme, je crois… Et d’un reportage quelques jours plus tard, aux infos je pense, où des journalistes avaient interviewé des gamins, qui disaient que des dizaines d’avions avaient fait écrouler plein de tours. Enfin, quelques jours plus tard, c’était AZF, ce qui a fortement orienté mes études, et ma vie professionnelle.

  21. soanne dit :

    11 septembre 2001 : sortie du nouvel album de Noir Désir. En route pour la Fnac de Clermont : un café en terrasse avec des amis. Beaucoup de soleil. Coup de téléphone paniqué d’Armand, qui tremble pour Marie qui devait aller de Los Angeles à New York dans ces eaux-là. Il répète « c’est l’horreur » et moi je ne comprends rien : je ne connais ni les « Twin towers » ni le « World Trade Center ». Je vais à la Fnac, et là, je comprends : une foule s’amasse devant le mur des télévisions montrant les scènes de panique et les corps qui tombent. Un vigile arrive assez vite, éloigne les enfants, éteint toutes les télés, sauf une (la plus petite et la plus pourrie). On n’est plus que deux devant le poste, complètement fascinés. Un journaliste arrive, nous interviewe rapidement. J’achète le CD de Noir désir et aussi celui des Têtes raides. Je file à un rdv chez le médecin, lui apprend la nouvelle (on parle alors de 10000 morts), et court chez mes parents pour regarder la télé. Mon frère arrive peu après, scotché comme moi. Puis mon père, persuadé que c’est l’œuvre de l’extrême droite américaine. Puis ma mère, lançant un « c’est bien fait » à peine convaincu. Je comprends alors que j’appartiens définitivement à une autre génération.

  22. 222 dit :

    Le 11/09/2001..
    Presque 10 ans.. j’étais en esprit jeune..

    J’étais en présence de 2 blédards.. Un peu fanatique à cette époque..

    Depuis Montreuil, vers le soir, on m’a proposé de m’emmener chez moi. On monte dans la voiture: (traduit et remis dans notre bonne langue française.. sinon, je vous dis pas comment ca parle hein.. :P )

    « -Attends frère, je vais t’ouvrir une fréquence, tu ne vas jamais oublier.. gribouillait le potard de l’autoradio..

    -Ah, ne me sort pas tes  » –CENSURE (il s’agit de fameux radio ciel-Rap ;) )– » y en a marre..

    -Non, ca sera les infos cette fois. Tiens..

    La rapidité des paroles, la langue anglaise.. les noms des chaines évoqués.. Ca parlait des States..

    -Mais je capte pas moi ! Y disent quoi?
    -Ils ont eu en plein dans le mile mon pote: ils ont eu le berceau des capitalistes !!
    -T’es pas sérieux??
    -Si si, écoute..

    Ca crachotait.. La chaleur du soleil était insupportable..
    « World Trade Center… Frappé par 2 avions.. Attentats suicides… Des nombreux morts.. Pentagone frappé également.. »

    -Mais il fait pas nuit là bas?
    -Mais non, il fait jour à ce qu’il parait. Alors mon pote tu en dis quoi? Pas mal non?
    -Merde, ils ont osé faire ca?
    -Bah oui, s’écria, excité..
    -Non mais, à quoi l’intérêt? Il y a eu des morts là !!

    Je ne raconte pas la suite.. je ne pensais qu’à vouloir être chez moi et dormir. Il faisait vraiment chaud d’un coups..

    A y réfléchir, c’était sale comme fait..

  23. wood dit :

    Moi j’étais tout bêtement au boulot, comme tous les jours. Je me souviens qu’on est venu me dire qu’un avion avait été détourné vers les tours jumelles du World Trade Center, et que ça passait à la télé. Au début je n’y ai pas cru, je suis allé voir la télé, et c’était là, c’était vrai. J’essayais encore de me persuader que ça pouvait être un accident quand j’ai vu le deuxième avion percuter la deuxième tour. Il n’y avait plus de doute possible.

    Je ne pouvais plus m’arrêter de regarder, malgrès mon aversion de l’info « en direct » (je préfère lire des comptes-rendus et des analyse après coup. On dispose rarement de toutes les données sur le moment, et la plupart des infos annoncées sur le moment lors d’un évènement imprévu sont démenties ou corrigées par la suite). J’ai vu la première tour s’effondrer, puis la deuxième…

    J’ai très vite pensé à Ben Laden, dont je savais qu’il était à la tête de l’organisation qui avait déjà tenté de détruire le World Trade Center en 1993.

  24. orphée dit :

    moi j’étais sur un chantier très sympa entre copains. Un ami était très nerveux cet été, il répétait sans cesse qu’une grave attaque aérienne allait se passer contre Israël, il parlait même d’attaque d’avions détournés. C’était une forte intuition chez lui mais il pensait que c’était contre Israël. Aussi, quand on l’a appris ensemble, il s’en est trouvé presque soulagé. Moi je faisais des allers-retours psychiques : horreur/indifférence, en passant par la case identité (suis-je bien dans un camp?) Aujourd’hui la réponse est clairement : oui

  25. lmznolimit dit :

    J’allais à une réunion, en retard, coincée dans un embouteillage, j’écoutais France Musique. Je suis passée sur France Inter à peu près au moment où on interrompait les programmes pour annoncer qu’un deuxième avion avait percuté les Twin Towers. Devait être 15h25. Je me rappelle avoir pensé « deux avions qui tombent sur NY ? ça, c’est pas un accident ». Le type à la radio ne savait pas non plus quoi dire et quoi penser. Je suis allée à ma réunion. J’ai annoncé la nouvelle aux autres participants qui sont restés parfaitement indifférents. Ce n’est qu’en rentrant chez moi que j’ai découvert les images terrifiantes qui passaient en boucle sur toutes les chaînes. C’était vertigineux et littéralement incroyable.

  26. lmznolimit dit :

    J’allais à une réunion, en retard, coincée dans un embouteillage, j’écoutais France Musique. Je suis passée sur France Inter à peu près au moment où on interrompait les programmes pour annoncer qu’un deuxième avion avait percuté les Twin Towers. Devait être 15h20. Je me rappelle avoir pensé « deux avions qui tombent sur NY ? ça, c’est pas un accident ». Le type à la radio ne savait pas non plus quoi dire et quoi penser. J’ai annoncé la nouvelle aux autres participants à la réunion qui sont restés parfaitement indifférents. Ce n’est qu’en rentrant chez moi que j’ai découvert les images terrifiantes qui passaient en boucle sur toutes les chaînes. C’était vertigineux et littéralement incroyable.

  27. artgoutlong dit :

    Moi j’ai peu de souvenirs.Juste que je bossais et qu’un collègue qui écoutait la radio s’est écrié :  » il y a eu attentat contre le WTC, un avion… »
    Bonne idée de lancer cet appel à témoignage…

  28. Yasmine dit :

    Je n’avais pas réagi ici donc voilà mon histoire.

    A deux semaines de partir pour d’autres horizons outre Manche et démarrer une thèse, je profitais de chez mes parents dans le sud de la France d’une après midi tranquille de vacances. J’avais travaillé tout l’été et je m’embarquais pour 3 ans de travail acharné donc je profitais des mes derniers jours de vacances.

    Après déjeuner avec mes parents, je m’endors sur le canapé la télé allumée, plus personne à la maison, moment de repos… Et c’est le flash info qui m’a réveillée vers 15h, j’ouvre les yeux, et je vois le deuxième avion s’encastrer dans la deuxième tour jumelle, et la tour jumelle s’écrouler en direct. Et ma réaction: c’est quoi ce film de guerre ou d’aventure, pas du tout ma tasse de thé, vite je zappe. Jusqu’à ce que je réalise que c’était un flash info, et qu’il y avait les mêmes images sur toutes les chaînes. Oulah!

    Ensuite, téléphone à la famille, notamment pour avoir des nouvelles de mon cousin qui habite à Manhattan… et avait une réunion dans les tours jumelles ce même matin à 10h (on l’a su qu’après plusieurs jours d’attente sans pouvoir le joindre). Il était arrivé sur les lieux et les tours se sont écroulées devant ses yeux.

    Difficile d’oublier où on était ce jour là.

  29. David Rault dit :

    En septembre 2001, j’etais a new york. Difficile d’oublier en effet.

  30. @sylasp dit :

    On venait d’arriver à Nice, notre logement n’était pas encore dispo et on vivait dans le studio de fonction du Crous.
    Je venais de me faire une session Friends, en vhs (!), la cassette se termine, TF1 se met automatiquement, et là je vois la 1ère tour en feu, un avion vient de la percuter à l’instant. J’ai compris tout de suite, je suis restée scotchée à l’écran. J’ai donc vu le 2eme avion, l’effondrement des tours et tout.
    Fallait que j’en parle (ça devait faire moins d’1h), j’étais toute seule, je suis alors descendue dans les bureaux voir mon mari et ses collègues. Je leur ai appris la nouvelle. Mon mari n’a pas compris de quoi je parlais au début, incrédule. Puis je suis remontée regarder la tv. Je pense avoir pleuré. Ca m’a beaucoup secouée, je suis de la génération des images, de la pop culture américaine, j’étais touchée en plein coeur. Plus touchée que lorsque je vois des images de peuples en famine dans les pays sous développés, et c’est terrible à dire. Enfin pas plus, mais différement, c’est certain. J’ai du mal à gêrer ce paradoxe…

    En 2005, nous sommes allés sur le site, voir ce grand trou fut très émouvant. Nous n’avons pas pris de photos, par respect pour le lieu et ses victimes. Je suis heureuse d’avoir pu voir le site, il s’y dégage une certaine solennité.

    • @sylasp dit :

      et je me souviens très bien que les journalistes ne savaient rien de ce qu’il se passait, les images de la 1ère tour étaient diffusées en direct, mais ils étaient tous aussi absourdis que les téléspectateurs. Un accident avec un seul avion était la thèse avancée pendant plusieurs minutes, jusqu’à ce que le 2nd avion ne percute les tours… les commentaires étaient aussi chaotiques que les images

  31. Le 11 septembre 2011 était le jour de la sortie du nouvel album de Noir Désir « Des visages des figures ». Fan du groupe, j’ai fait le déplacement sur le continent, à La Rochelle, pour l’acheter. À mon retour sur l’île d’Oléron, c’est en écoutant « Le Grand Incendie » (véridique !!!) que je reçois un coup de téléphone… m’annonçant cette tragédie. J’allume la TV est tombe sur ces images de films d’action US. Résonance incroyable entre musique/paroles et ces images hypnotique… Et puis cet incroyable commentaire de je ne sais plus quel journaliste : « il ne reste plus qu’à prier Dieu »…
    Depuis, je préfère ma musique à celle des journalistes.

  32. areyoukidding dit :

    En fait je suis equivoque sur ces recits. Doit on se rappeler un jour si noir ? doit-on se rappeler d’un jour oui quelqu’un de mechant nous a fait du mal ? Il y avait une histoire avant le 11 septembre 2001, il y a une histoire apres. Je ne veux pas definir mon histoire mes souvenirs par rapport a ce genre de choses negatives, ce ne serait que trop donne de credit a des imbeciles.

  33. J’étais en train de bosser ma thèse à la maison. J’étais seule, et j’étais enceinte de tout juste 3 mois, de mon 1er enfant. Je me souviens que tout d’un coup, sur France Inter, France Info, les programmes se sont arrêtés. Il y a eu des flashs infos, entrecoupés de musique classique (quand il y a de la musique classique en général c’est qu’il y a une GROSSE merde qui se passe…)

    Je me souviens d’avoir tout lâché et d’être allée allumer la télé. J’ai été élevée sans télé, je n’en ai plus depuis, la TV a donc sur moi un effet assez fort (je ne suis pas habituée à voir des images de toutes les catastrophes du monde). Je me souviens être restée plantée devant la télévision pendant des heures, ne pouvant détacher mes yeux de ces images terribles qui passaient en boucle.

    Je me souviens qu’on parlait de choc de civilisation, de nouveau tournant dans la géopolitique, d’ère nouvelle et apocalyptique. Et je me souviens que je pleurais en me demandant dans quel monde allait naître ce bébé que je ne sentais même pas encore bouger en moi…

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