La France que je n’aime pas #TuLAimesOuTuLaQuittes

Avertissement : Cet article a été écrit en parallèle avec La France que j’aime. J’habite à Paris depuis août 1994, venue sur invitation (et bourse) du gouvernement français à faire une prépa maths-sup bio (pouah). J’ai été naturalisée en juillet 2008. J’ai été étudiante jusqu’en juin 2007 (no comment, hein), soumise à des autorisations de séjour provisoires (de 3 mois à 1 an, même avec un contrat de travail était de 3 ans), puis au régime salarié (autorisation obtenue après radio des poumons, journée d’accueil et tout –ridicule–) en 2008.

J’évite de parler ici de choses trop directement liées à des gouvernements spécifiques, comme les lois et les pratiques immondes concernant les sans-papiers, les immigrés et leurs enfants parfois français. J’ai essayé de ne parler que ce qui me paraissait plus généralement faire partie de la culture, de l’ambiance, de l’intemporel en France. Tentative illusoire, consciente de ses limites.

Enfin, les Français non-parisiens trouveront peut-être que je parle quand même surtout de Paris, ce biais n’est pas étonnant vu mon parcours, alors n’hésitez pas à commenter et à compléter.

  • L’arrogance des flics, de la police aux frontières, des garçons de café (ah non, eux ils méritent une ligne à part).
  • L’insupportable arrogance et le mauvais humour des garçons de café [à Paris]. Odieux avec les étrangers qui prononcent mal les noms des plats, capables de faire semblant de ne pas comprendre.
  • L’humour français tel qu’on le voit dans les films français, et autour de soi.
  • L’amour des jeux de mots et calembours, à l’écœurement. Les titres de l’Équipe, de Libé, du Canard.

3 Exemples de Libé :

  • Le fait que les filles/femmes doivent faire la bise aux garçons/hommes et aux filles/femmes même inconnus, même ceux qu’on ne reverra jamais, même ceux avec qui on n’a pas échangé un mot pendant la soirée, etc. J’ai déjà essayé de serrer la main, à mon arrivée à la fac le matin. On s’est moqué de moi : ça faisait candidate en campagne électorale. Les garçons ne sont tenus d’embrasser que les filles, c’est déjà ça en moins. [Remarque : en Turquie, on serre la main des gens qu’on ne connait pas, on embrasse très chaleureusement (pas l’air) les gens qu’on connait et aime]. Lire ce papier génial qui exprime tout ça en mieux.
  • Les Français qui se croient si facilement les meilleurs du monde. Même ceux qui n’ont pas quitté leur patelin.
  • Les touristes français croisés en Turquie, à New-York, à Berlin, wherever. Ils vous foutent la honte, souvent.
  • Les queues interminables qu’il faut faire chez lez boucher, au cinéma, à la boulangerie, au marché, à la pharmacie, partout, tout le temps.
  • Les gens qui ne savent pas faire la queue. OK, c’est pas mieux en Turquie, voire pire.
  • Le manque du sens du service y compris chez les commerçants ou agents d’information dont on pourrait penser que c’est le métier. L’exact opposé : en Turquie, à NY, en Allemagne.
  • L’esprit colonial qui traine encore. Considérer que la présence en Afrique est normale. Ou l’existence des DOM, des TOM, etc.
  • L’antisémitisme de la gauche (celle de la droite, je m’en fous, c’est normal). OK, ça doit être pareil ailleurs…
  • Le fait de ne pas oser parler de la mort et de certaines maladies, cette fausse (ou vraie) pudeur que je trouve parfois malsaine. L’expression « longue et douloureuse maladie » (pour cancer) en est un bon exemple, ou « fatigué » pour déprimer.
  • Le fait qu’on parle si facilement des gastros des uns et des autres dans un milieu professionnel. Découvert ça dans mon labo de thèse (= mon premier vrai boulot), je ne cesse de m’étonner 10 ans plus tard.
  • Le fait qu’on ne laisse pas sa place aux personnes âgées ni aux femmes enceintes ni aux personnes avec enfants dans les bus et métros [Paris].
  • La nationalisme, y compris quand on essaye de la déguiser sous forme de patriotisme qui serait soi-disant plus acceptable. Ça ne me change pas de la Turquie, pour le coup.
  • Les journalistes qui s’écrasent devant leurs invités à la télé ou à la radio. Je ne comprends pas cette complaisance, à leur place. Et non, ça ne date pas de l’époque Sarkozy, c’était pareil sous Mitterrand et Chirac.
  • Le boucan les soirs de matchs de foot ou de rugby. Les gens qui hurlent, les gens qui n’ont pas bougé le petit doigt et qui se permettent de dire « on a gagné ». OK, c’est pareil en Turquie.
  • Les grands-messes type Salon du Livre ou Salon de l’Agriculture. Le dernier mériterait un article à part entière « Pourquoi je n’aime pas le salon de l’agriculture ».
  • L’importance donnée aux prix littéraires dans la presse et dans l’esprit des gens. Ils en parlent aux infos même sur FIP (moins de 5 min d’infos, hein).
  • Le fait que la plupart des gens semble trouver ça normal de noyer les chatons (et les chiots ?) non désirés. Jamais entendu parler d’une telle horreur en Turquie, jamais envisagé que ça puisse exister « dans un pays civilisé ». « Mais alors que faire ? » me dit-on parfois ? Stériliser en amont (la France est un pays riche), s’en occuper, les placer chez des gens, les nourrir dans la rue (comme à Istanbul ou à Rome), mais surtout ne pas trouver ça normal ni faisable.
  • Les voies de communication en étoile, tous les chemins qui passent par Paris. Conséquences inévitables : galères de déplacement entre les banlieues (RER) et entre les villes (en train). Par la route, je ne sais pas si c’est mieux.
  • Les classes prépas et les grandes écoles. La sélection sur les maths. Le fait que ces compétences très particulières et partielles démontrées vers 20 ans servent à classer les gens jusqu’à la fin de leurs jours. L’esprit de corps, le corporatisme.
  • L’ordre des médecins. Tous les ordres, peut-être. Et peut-être dans tous les pays, d’ailleurs.
  • Le défilé militaire du 14 juillet et l’attachement des Français à ça.
  • Le pays qui marche au rythme des vacances scolaires. Les cours de gym qui s’arrêtent, la cantine d’entreprise qui ferme plus tôt, les boulangeries qui n’ouvrent même pas. Comme si tout le monde marchait à ce rythme. Je parle même pas du mois d’Aout.
  • L’école qui est là pour écrabouiller les individualités et l’esprit critique, pas là pour l’épanouissement et le bonheur des enfants. D’après de nombreux témoignages, et études comparées.
  • La méfiance vis-à-vis des jeunes, à la fac et ailleurs (pas dans les grandes écoles, apparemment, où on leur répète qu’ils sont l’élite de la nation –et ils ont bien raison).
  • L’opposition scolaire entre « littéraires » et « scientifiques ».
  • La pression mise sur les jeunes pour avoir un CV bien linéaire. La défiance face à l’original.
  • La suppression des bancs publics [à Paris]. Sous la pression des habitants sur les mairies, sous prétexte que des clochards dorment dessus. Je HAIS ça. Oui, le mot est violent mais assumé.
  • Le mobilier urbain anti-clochard dans le métro [à Paris]. Même chose que précédemment. En habituant les gens à ça, on prépare des fascistes, je pense.
  • Le massacre à la tronçonneuse des arbres [à Paris]. De la taille non adaptée, excessive, à des moments mal choisis. Sous des prétextes fallacieux, toujours différents (oui, je discute souvent avec les gars chargés de le faire). Des horreurs d’arbres amputés, des rangées de moignons alignés, de formes carré ou rectangle, tristes à mourir, hantent les villes et les cours de recré.
  • Les jardins à la française. Alors que le jardin à l’anglaise ça existe, et c’est si délicieusement plus beau : (photos piquées aux pages wikipedia citées, le Jardin du Luxembourg à Paris et le Jardin des Plantes d’Angers)

  • Le laïcisme militant de certains qui semble n’avoir pas compris que la laïcité, c’est juste un État qui ne voit pas les religions de gens, et non pas un État qui impose une tenue aux femmes.
  • L’absence d’escalators et d’ascenseurs dans plein de stations de métro [Paris]. Dont les stations des lignes desservant les gares et les aéroports. Dont même les stations des gares elles-mêmes. Sans parler des doubles puis triple protection anti-fraude installés durant les 30 dernières années. Voir les têtes décontenancées des touristes, les plaindre. Dans la 5e puissance du monde, 1ere destination touristique mondiale.
  • Le fait qu’on se mette que si récemment à mettre des systèmes qui permettent à des gens en chaises roulantes de prendre le bus [Paris]. Aller faire un tour en Suède, et se demander si le pays a subi une attaque nucléaire pour avoir autant de handicapés moteur (et de vieux) dans les rues. Comprendre que c’est juste que là-bas, ils ne sont pas enfermés chez eux, ils sont dans la ville avec tout le monde !
  • Dire demi-douzaine au lieu de 6. Inutilement pompeux et lourd. [14 mars, suite à mail reçu, que l’auteur ne m’en veuille pas]
  • La capacité à boire aussi facilement du mauvais vin tout en produisant les meilleurs. Râler contre la qualité du vin, faire semblant de s’y connaître (en cantine ou congrès scientifique). En redemander.
  • Ne pas facilement inviter à manger/prendre le thé à la maison (je n’ai jamais été en milieu pro en Turquie, mais je ne peux croire que ce soit comme ici face à une personne étrangère qui n’a pas de famille en ville).
  • Trouver de l’Evian dans tous les restos, très cher, mais jamais de Volvic. La faute aux circuits de distribution, à la puissance de Danone, sans doute.
  • Devoir se battre dans les cafés et restos pour avoir une carafe d’eau (parfois juste un verre d’eau).
  • Les Français qui disent sans entendre la bêtise de leurs mots « Faire un pays/une région » : « J’ai déjà fait le Vietnam, cette année je fais le Cambodge », « Nous avons fait le Canada », etc. Oui mais non, les mots ont un sens. Consolation : je ne suis pas la seule à être allergique à cette façon de parler. [29 avril 2013, pensé depuis au moins 5 ans]

(liste en perpétuelle révision évolution. Non, ce n’est pas traçable, si vous avez une meilleure solution, partagez-la)

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56 réflexions sur “La France que je n’aime pas #TuLAimesOuTuLaQuittes

  1. Anthropopotame dit :

    Tu as déjà écrit des trucs plus intelligents, ma chère. Si tes seules références sont la France et la Turquie, tu risques de patiner rapidement dans tes « j’aime/j’aime pas »…

  2. Anthropopotame dit :

    Pour compléter mon propos: il y a des accessoires anti-clochards mais il y a aussi la CMU. Il y a des nationalistes mais donne-moi le nom d’un pays où l’auto-critique soit aussi développée – et je ne te parle pas de l’humour russe. Tu ne te demandes pas pourquoi on parle encore de la Guerre d’Algérie? Tu as vu des commissions d’enquêtes parlementaires aux US à propos de la guerre d’Irak, comme il y en a eu ici sur le Rwanda? Si tes références sont les chauffeurs de taxi et Eric Raoult, tu auras du mal à comprendre ce que je veux dire…

  3. Sabine dit :

    Ta liste est instructive sur certaines choses.
    – On noie encore les chatons ? Je connaissais la pratique par les écrits de Colette (1873-1954, pas un perdreau de l’année, donc), je croyais que ça ne se faisait plus, justement.
    – Antisémitisme : encore si fort, même à gauche ? Inquiétant. Est-ce que ceux que tu trouves antisémites confondent anti-sionisme et antisémitisme, ou est-ce que les stéréotypes sont plus profonds ?
    – Opposition scolaire entre littéraires et scientifiques : dépassée, stérile. Les scientifiques seraient « ceux qui ont de l’avenir », les littéraires « ceux qui veulent glander » et pas ceux qui aiment sincèrement la littérature et les arts, et qui y cherchent des explications sur l’humain et l’histoire – oui, rien que ça, ça a peut-être l’air pompeux, tant pis.
    Le point sur lesquels je ne suis pas en accord :
    – L’école. De mon expérience, dans le même lycée où tu as fait ta prépa, l’esprit critique était encouragé et les profs y réagissaient très favorablement.
    Le point qui m’amuse :
    – Le coup de la bise. L’espace personnel de chacun est différent, faire la bise ne m’a jamais gênée et m’a même manqué au début en Belgique. Au Chili, les gens se font une bise et les amis d’amis se serrent carrément dans les bras. Au début, c’est un peu bizarre, et ça finit par devenir agréable et chaleureux.
    J’ajouterai :
    – Le lourdaud français qui drague dans la rue. On a l’impression qu’ils pensent que les femmes les attendent comme le Messie. Tu ne leur réponds pas, ils t’insultent, tu leur dis que tu n’as pas envie d’aller boire des verres avec eux, ils disent que tu ne sais pas profiter de la vie. Et si tu n’aimes pas faire les bises, imagine l’effet que ça fait de croiser un type qui te mate de haut en bas et te dit les pratiques qu’il aimerait bien te faire.

    • elifsu dit :

      1/ Oui, oui, on noit les chatons, apparemment. J’espère ne jamais avoir à rencontrer de tels gens, mais oui. Viens de discuter avec des vétos, a déjà piqué des chiots qu’elle a eu de sa chienne. « Tu comprends, c’est mieux que de les noyer ». Bref.
      2/ Sujet compliqué, on va pas y arriver ici. Je parlais d’antisémitisme, souvent rallumé par les conneries d’Israël, en effet. Mais qui sont plus (et autre chose) que de l’antisionisme (anti l’idée du sionisme et de la nécessité d’un Etat), et aussi de l’anti-politique-d’Israel).
      3/ Cette opposition est malheureusement encore tout à fait vive.
      4/ On connait tous des contre-exemple, je parlais de l’ambiance et du but de l’école.
      5/ Une seule bise, c’est super sensuel, je trouve. Je ne dénonce que la bise obligatoire (socialement). Tu lances un bonjour à la cantonnade, on peut te reprocher 20 min plus tard « oh, tu ne m’as pas dit bonjour ». Non, nuance, je ne t’ai pas fait la bise, mais je t’ai bien dit bonjour.

      • raph dit :

        J’ai percuté il y a peu [à 26 ans] que j’ai plusieurs personnes de mon entourage qui tuent des chatons. Sur le coup, je me suis demandé ce que j’en pensais, je ne m’étais jamais interrogé sur la chose : ils habitent à la campagne, ont de nombreux chats, en donnent certains mais ne parviennent pas à les donner tous, tuent les autres (du moins en tuent régulièrement quelques uns). Et je ne vois pas bien le problème, en fait : une espèce dominante régule un peu la population d’une autre espèce. Ce qui me paraît civilisé c’est de savoir choisir et maîtriser l[e nombre de chats qu’ils élèvent], plutôt que le tout ou rien… Et, oui, c’est bien que cette véto profite des moyens moins cruels dont elle dispose pour effectuer cette tâche !

        Sinon, bon article !

      • Nicolas dit :

        la bise cela s’appelle une norme sociale, c’est comme dire « bonjour comment ça va? » réponse « ca va et toi ? » .
        Une formule de politesse qui n’attend pas de réponse.

        Après on a pas toujours envie de faire la bise à tout le monde je comprend.
        bise :)

  4. Wood dit :

    Sur certains points, (nationalisme, matchs de foots), il faudrait que tu crées une rubrique « Le genre humain que je déteste », parce que oui, non seulement c’est pareil en Turquie, mais c’est pareil partout ailleurs. « Oh, the humanity… » comme disent les anglo-saxons.

    La bise c’est si terrible que ça ? J’ai remarqué que la bise entre garçons était en net progrès, (même à Paris) et moi ça me plait, au contraire. Comme en Amérique latine, tous égaux face à la bise !

    Je ne comprends pas le truc des gastros… Il faudrait parler plus de la mort et du cancer, mais pas des gastros ?

    Au sujet des garçons de cafés, j’ai été surpris lors de mon dernier passage à Paris, je n’ai rencontré que des garçons aimables et courtois, même aux moments de grande affluence.

    Et oui, moi aussi je suis surpris que tu ne mentionnes pas les lourdauds qui « draguent » (harcèlent) les femmes dans la rue, dans le métro, etc… Un grief que j’entends souvent répéter par des femmes étrangères en visite chez nous.

    Et non, l’antisémitisme de la droite n’est pas normal non plus, sans blague ! Depuis quand ?

    • elifsu dit :

      1/ Il parait qu’il y a des pays (des nations ?) où ils n’ont pas bcp de sentiment national, non ?
      2/ La bise imposée, réclamée, oui. Sinon, j’adore faire la bise à mes amis, hein, t’inquiète ;-).
      3/ Je trouve ça dégoutant de parler aussi souvent d’un truc aussi crade, et en milieu pro. Je ne veux pas imaginer mes collègues, chefs, etc. coincés aux WC. En revanche, ne pas être capable de parler d’autres maladies, sous prétexte d’une pudeur polie, me parait louche, et gênant. Je pense que la société des vivants ne doit pas avoir peur de la mort et soutenir plutôt que nier le malheur des gens qui en souffrent (ayant perdu des proches, par exemple). Pareil pour la dépression, ça ne me parait pas plus honteux comme maladie que la gastro. Et en plus, c’est pas contagieux.

      • Joël dit :

        Sur la mort dissimulée, Jean Ziegler a écrit un bouquin assez intéressant il y a longtemps sur ce thème : http://www.amazon.fr/Vivants-Mort-Jean-Ziegler/dp/2757809415. Mais je pense que c’est occidental plus que français, comme tendance, non ?

      • Wood dit :

        « 1/ Il parait qu’il y a des pays (des nations ?) où ils n’ont pas bcp de sentiment national, non ? »

        Lesquels, par exemple ? Je serais curieux de trouver un pays où la population ne s’excite pas devant les matchs de foot (ou de base-ball, de hockey, de cricket…).

      • Wood dit :

        Aussi, je crois que tu as trop d’imagination. Quand on me dit « untel n’a pas pu venir, il a une gastro », je n’ l’imagine pas aux toilettes. A moins qu’à ton boulot, on se complaise à décrire les différents stades de la maladie ?

        Une fois j’étais dans un restaurant tenu par un Français au Cambodge (enfin par un français et son épouse cambodgienne – bœuf loklak et profiteroles au chocolat), et à la table d’à côté des expatriés français étaient lancé dans une longue conversation sur les différents types de vers solitaires dont les uns et les autres avaient souffert. J’ai fait « AHEM, BON APPÉTIT » et ils on marmonné « Oh, c’est une conversation de pays tropical » en guise de justification. Oui, il y a des limites à ne pas dépasser…

  5. Sarssipius dit :

    Il y a beaucoup de choses que tu « reproches » ici qui ne sont pas l’apanage du français (ailleurs qu’aux endroits où tu les signales)… Loin s’en faut! La remarque est valide pour le pendant « j’aime » de cet article… Mais j’avoue, j’ai bien ri devant ces traits que tu épingles…

    • elifsu dit :

      Précise, précise ! Précise ce que tu as déjà rencontré (en cette intensité) ailleurs ! Moi je ne peux comparer qu’avec les quelques pays que j’ai visité, les quelques livres et films lus/vus, les quelques étrangers que je connais (beaucoup en fait), les 2 seuls pays où j’ai habité, et ma capacité à l’étonnement permanent ;-).

  6. valerie dit :

    Il y a beaucoup de traits que tu cites sur le nationalisme par exemple qui sont beaucoup plus fort dans d’autre pays, en Grande Bretagne, tout le monde metsdes drapeaux anglais pour les JO ou coupe du monde, et si tu ne le fais pas ( ça m’est arrivé) on vient chez toi pour te demander pourquoi?
    Pareil aux Pays Bas, aux USA… etc justement en France on a souvent honte de montrer ces signes extérieur de nationalité… sauf les fachos et autre UMP.

    Pour les queues c’est pire pire pire dans les pays du nord et je compte le Royaume Uni et l’Allemagne où les gens font même la queue pour prendre un escalator ou passer le tourbillon du métro… plus tu vas dans le sud plus c’est anarchique ;)

    Comme dit Anthropopotame nous sommes un des seuls pays a avoir un discours critique en continu sur nous même, au Royaume Uni, aux USA en dehors des périodes éléctorales tu ne verras jamais une émission de débat, de remise en cause… ici on en a au moins 3 par jour…

    Pour le reste je suis assez d’accord, et en tant que française je n’aime pas non plus cette France là. :) et je préfère l’humour anglais, que l’humour sur les belles mères!

    Ah dans ma France que je n’aime pas il y a les dragueurs à 2 balles qui disent  » vous êtes charmante mademoiselle » et à qui on a envie de répondre comme Camille  » comme si ça se voyait pas! » parce qu’à cause de leur regard d’égout on a parfois envie de se camoufler plutôt que de se faire belle. Au Royaume Uni tu peux t’habiller comme une pute personne ne t’embêtera!

    • elifsu dit :

      oui, oui, je conçois facilement que certaines choses qui m’ont frappée en revenant m’installer en France soient pire ailleurs ;-)

      et tes « dragueurs à 2 balles », j’appelle ça des « mecs qui m’emmerdent », et comme il y en a beaucoup moins ici qu’à Istanbul (ou alors je suis moins à leur gout ici ?), c’est plutôt le confort des rues que j’ai apprécié en arrivant.

  7. Mère Teresa dit :

    « L’absence d’escalators et d’ascenseurs dans plein de stations de métro [Paris]. ()…
    Le fait qu’on se mette que si récemment à mettre des systèmes qui permettent à des gens en chaises roulantes de prendre le bus [Paris]. (…) »

    => Paris !
    Je suis maintenant à Lyon, et même si le réseau est plus petit (la ville est + petite), toutes les stations de métro ont des escalators et/ou un ascenseur sauf 2 stations. Les bus sont accessibles aussi.

    • elifsu dit :

      ça doit être qu’à Paris, malgré la richesse, on pretexte la vétusté du réseau pour le laisser dans cet état inacceptable ? Toujours plus facile, quand les époques et les priorités ont changé, de concevoir un réseau plus adapté dès le début (phénomène de dépendance au sentier ?).

  8. looping dit :

    Farpaitement d’accord avec 99,9% de ce que tu dis !!!!!

  9. Sur l’arrogance, je ne suis pas certaine que ça couvre toute la France. Étant une fille « de province », je connais beaucoup mieux le « désert français » que Paris, où j’ai néanmoins vécu quelques mois, j’ai souvent été extrêmement bien accueillie, que ce soit dans les cafés, les restaurants, les hôtels ou simplement par les habitants quand on se perd (ce qui m’arrive très souvent). Me souviens de plusieurs personnes à Strasbourg venues spontanément me proposer de l’aide parce que j’avais l’air perdue, dont une qui a finalement fait un détour pour m’accompagner au point de rendez-vous.

    Sur l’école : complètement oui. Et je le tiens d’une prof anglaise qui nous expliquait son ahurissement, une fois en France, devant le système qui broie les adolescents : le nombre d’heures de cours, la course aux « notes », le stress… Pas étonnant que le taux de suicide chez les jeunes (18-25) soit si élevé, quand on y pense (je ne me souviens plus du chiffre mais parmi les plus élevés d’Europe). D’ailleurs en te lisant j’ai mieux compris ton point de vue sur le système prépa, dont on avait parlé une autre fois. Je me permettrais un point Bourdieu en ajoutant que le rôle de reproduction sociale de l’école est affolant. On te broie si tu n’es pas normé ; on t’éloigne si tu es clairement différent. Les électrons libres sont fascinants. Les parcours « hors normes » intéressent parfois, au moins ça suscite la curiosité.

    Nos médias autocritiquees : ça me laisse pensive. D’abord parce que je ne regarde jamais la télévision, par manque de temps, je ne sais donc pas ce qui se passe dans le média invité en majorité dans le quotidien des citoyens. Je me souviens juste de JT sur la BBC étudiés en cours d’anglais où la « diversité » culturelle était plus représentée, sans que ça ne fasse les choux gras de la presse. On a UN présentateur de JT coloré, apparemment on ne va pas s’en remettre. L’auto-critique à la française citée plus haut plusieurs fois me semble plutôt un bandage pour éviter de regarder en face d’autres problèmes, une manière détournée de se regarder le nombril plutôt que de chercher des solutions. Tiens, on fait une réunion et avant on remplit des papiers ? (tu as oublié la paperasse, d’ailleurs) — Par ailleurs, juste une question : qu’appelle-t-on « auto-critique », ici ?

    Sur le nationalisme… sujet qui m’intéresse particulièrement, d’abord parce que c’est une question que je me pose dans le cadre de ma recherche cette année (plus particulièrement sur le sentiment d’attachement à une nation, à un État), mais aussi parce que j’écris ce message avec vue sur un de mes voisins en face qui a pour rideaux depuis quelques mois… un drapeau français. Ça donne envie d’aller sur le balcon, tiens. Me fait penser à une perle découverte récemment, Nations et nationalismes depuis 1780 : programmes, mythe et réalité, Gallimard, 1992, d’Éric Hobsbawm. Il explique notamment que le nationalisme n’a pas de définition mais n’est compréhensible qu’historiquement et socialement situé ; en France le nationalisme revêt aussi la forme d’un prétendu « humour » (ah les Bidochons !…) et de l’exception culturelle, encore aujourd’hui défendue à Bruxelles…

    J’aime aussi beaucoup la France, mais j’en parlerai sur le post affilié :)

    Merci beaucoup pour ton billet, que je trouve très juste, notamment pour les biais que tu poses en préliminaire et qui permettent de te situer à peu près et de comprendre un peu mieux pourquoi tu perçois les choses ainsi.

    • Jean-no dit :

      J’ai une longue discussion sur le sujet du nationalisme en commentaire à un post de mon blog, avec une personne qui se définit comme « française de souche », c’est pas triste : (juste clique ici)

    • elifsu dit :

      Oui, dans la mesure où j’en avais pris conscience (où on me l’avait fait remarquer), j’ai précisé [Paris] parce que les provinciaux (et toc) m’ont souvent reprise quand je critiquais : « là, tu parles de Paris, viens donc profiter du bon air de la province ». Et en effet je ne suis arrivée en avion qu’à Paris, je crois. Mais la PAF à Hendaye n’avait rien à envier à la parisienne.

      Pour l’école et l’université, ce ne sont pas les amis étudiants, anciens étudiants et profs qui manquent pour témoigner dans ce sens. Et oui, tout le monde connait des contre-exemple, et tant mieux pour eux, vraiment.

      Ah oui, l’humour français comme forme de nationalisme, oui, aussi. Mais là je pense qu’on n’est pas très nombreux à pouvoir comprendre. On ne peut pas en vouloir aux gens qui ont toujours habité en France et qui ont oublié leur origines étrangères (ok, elles peuvent remonter à loin) d’avoir perdu (ou jamais été entraîné) à regarder les choses avec un peu de recul, comme un Martien (mon célèbre Martien)…Quelle surprise que tu aimes mon billet et comprennes ce que je veux dire :-). Faudrait-il alors forcément se sentir pas-que-français pour me comprendre ?

  10. Joël dit :

    Beaucoup l’ont déjà souligné, c’est marrant que tu aies mis la drague du côté des trucs que tu aimes en France… quand tant de filles ne l’aiment pas. Ca me fait penser à une discussion qu’on avait eue sur le machisme et sa (non) perception…

    Encore plus intéressant (entendre par là que je ne comprends pas complètement…) quand on le met en relation avec l’histoire de la bise. Dans mon expérience, les pays du nord de l’Europe mettent à distance les corps (pas de bise, voire pas de handshake) et la drague n’existe quasiment pas, en tout cas pas à l’état non-alcoolisé, tandis que dans le sud de l’Europe le contact corporel est normal et valorisé, et la drague plutôt… directe, voire lourde. Du coup, je ne sais pas où te situer ;-)

  11. Jean-no dit :

    Sur les DOM et TOM, attention, les premiers sont des départements français à part entière… Je ne pense pas qu’on puisse les considérer comme des colonies.
    Quand aux TOM, ils n’existent plus, il y a plusieurs territoires de statut divers, certains inhabités, d’autres qui le sont, avec un double gouvernement (coutumier et républicain), et souvent un peu trop de militaires. Je veux bien que tout ça ait des relents de colonialisme mais je suis certain qu’on ne peut pas mettre tous ces territoires dans un même sac ni dire qu’ils gagneraient à être totalement indépendants.

    Sur les garçons de café, on en a parlé, c’est une tradition très particulière mais finalement j’aime bien, ces types incroyables avec une habileté et une mémoire parfois étonnantes qui forment une sorte d’aristocratie de gens payés comme des chiens, pour qui un mi-temps c’est 40 heures, et qui, notoirement, n’ont pas vraiment de vie personnelle. Ils vont finir par disparaître, remplacés par la pratique des Starbucks & Cie qui n’ont pas besoin du savoir-faire et de l’expérience et qui, par conséquent, ne laissent pas à leurs employés le droit de faire la gueule au client ou d’oublier exprès sa carafe d’eau. Tout ça ce ne sont que des questions de pouvoir, finalement, mais j’ai une tendresse pour le garçon de café parisien, si odieux soit-il. Je comprends que ça choque ceci dit, mais c’est un reliquat du domestique façon « Gosford Park » (Altman) ou « La règle du jeu » (Renoir) : il sert, mais il a du pouvoir et il impose à celui qu’il sert de le respecter. Les purs prolétaires du macdo ou de Starbucks, eux, n’ont plus aucun pouvoir, ils sont interchangeables, sans esprit de corps, sans solidarité, sans savoir-faire : modernes, quoi !

    • elifsu dit :

      Je ne pense pas non plus que les DOM et autres appellations gagneraient à être indépendants. Ce n’était pas mon point ;-)

      Oui, je connais et adore ton délire sur les garçons de café parisiens, mais vraiment, j’aime bien être servie avec amabilité et sourire (et efficacité et bonne manière aussi, mais c’est moins essentiel pour moi), surtout vu les prix que je paye ;-)

  12. Benjamin dit :

    Les trucs qui m’etonnent le plus de ta part:
    -« L’antisémitisme de la gauche (celle de la droite, je m’en fous, c’est normal) » wtf???
    -pourquoi c’est mal de noyer des chatons? OK, j’ai l’air d’un monstre, mais c’est quoi l’alternative?
    -le nationalisme: je ne vois pas en quoi ça marque la culture française

    • Jean-no dit :

      Je ne pense pas que le nationalisme soit un trait français (plus répandu en Norvège ou en Croatie, pour citer deux pays que je connais un peu), mais le nationalisme français n’est pas le plus bon-enfant et le plus sympathique qui soit, lorsqu’il existe.

      • Benjamin dit :

        Pour ma part (aux US), je vois des drapeaux americains par la fenetre… Le nationalisme (ou le patriotisme… a definir?) est donc assez partage. Mais c’es quoi un nationalisme « bon enfant »?

        • Jean-no dit :

          Un nationalisme bon-enfant, pour moi, c’est celui qui n’a pas de morts sur la conscience, donc ni les nationalismes américains, japonais, allemands ou français. En fait il n’en existe sans doute pas beaucoup. Mais je respecte le nationalisme historique lorsqu’il a servi à l’émancipation ou à la naissance d’un pays.

          • Wood dit :

            Des exemples, bon sang! Quel nationalisme n’a pas de morts sur la conscience? Quel pays n’a pas dû son indépendance à un bain de sang?

          • Wood dit :

            C’est une vraie question, au fait, parce que je suis plutôt ignare en matière d’histoire. Et assez sceptique quand à l’existence des pays et des états (au mieux, un mal nécessaire) Pour moi, créer un nouveau pays, c’est tracer de nouvelles frontières pour séparer les gens et les empêcher de vivre ensemble.

            Mais je ne demande qu’à être détrompé.

            • Joël dit :

              Le nationalisme suisse n’a pas fait de morts depuis, disons, longtemps.

              • Wood dit :

                La Suisse, ça ne compte pas. La Suisse ça ne compte jamais : ils sont neutres! ;-)

                • Jean-no dit :

                  La Suisse c’est pas mal. La Norvège aussi, l’Islande sans doute… Ceci dit en Suisse ou en Norvège on a pratiqué l’eugénisme ou la persécution des gens « pas comme tout le monde » : yéniches, sami, handicapés,…
                  Bon mais disons que je distingue le Nationalisme qui sert à fonder ou à émanciper un pays (les US de la fin du XVIIIe, l’Allemagne, l’Italie et la Grèce au XIXe par ex) et celui qui sert à attaquer d’autres pays (l’Allemagne, l’Italie, tous les empires coloniaux,…). Maintenant, c’est un peu empirique et théorique, tout ça.

                  • Jean-no dit :

                    tiens, empirique et théorique ça semble antinomique maintenant que je me relis. Bah.

                  • Joël dit :

                    Il faut lire Benedict Anderson (« Imagined communities », traduit en français en « communautés imaginaires »), c’est passionnant sur l’invention du nationalisme. Et ça décrit très bien cette ambivalence que tu évoques.

                  • Wood dit :

                    Les Etats-Unis de la fin du XVIIIème siècle se construisaient déjà aux dépends des Indiens. C’était déjà un pays expansionniste. Et la guerre d’indépendance américaine a été particulièrement sanglante, pour autant que je le sache.

                    Un bon exemple serait peut-être l’Islande, plutôt, non ? Un pays fondé sur une terre inhabitée, en grande partie par des exilés et des réprouvés, et une démocratie dès le haut moyen-âge. Je ne sais pas ce qu’il en est du nationalisme islandais aujourd’hui, par contre… Et à quelle époque les habitant de l’Islande se sont-ils considérés comme des Islandais et non comme des Norvégiens ou des Danois ? Ou comme des membres de tel ou tel clan avant tout ?

    • elifsu dit :

      Sur les chatons, comme je répondais à l’objection ci-dessus, je me cite « Stériliser en amont (la France est un pays riche), s’en occuper, les placer chez des gens, les nourrir dans la rue (comme à Istanbul ou à Rome), mais surtout ne pas trouver ça normal ni faisable ».

      Je ne crois pas en effet que le nationalisme marque la culture française, mais bon faut se le coltiner quand tu habites en France (remarque, parfois ça se voit depuis l’étranger, aussi), et quand on garde, comme moi, un regard de naïf martien, on ne s’y habitue pas…même quand on vient d’un pays où c’est pareil (mais je savais pas que c’était pareil ailleurs, à l’époque, et j’avais des illusions et des espoirs…).

      • Benjamin dit :

        on ne va pas nourrir les chats si on trouve qu’il y en a trop… Quant a les steriliser, c’est effectivement un acte couteux mais pour lequel des campagnes a tarif preferentiel sont organisees (j’en ai vu en zone rurale, ou au passage le turnover de chat est bien different des appartements: adoptions + naissances « in the wild » – fugues – morts naturelles – combats entre chats – empoisoinement par des souris empoisonnees – passage sous une voiture; on a donc moins de controle sur la fertilite des chats, et moins de « retour sur investissement » de la sterilisation.)

        J’ai vu en Sicile des « mamies a chat » nourir une bonne centaine de chats errants avec des plats *cuisines* (pasta et viande et tout!), ca m’a bien plus choque que le fait de se debarrasser de chatons par la noyade. Enfin c’est une technique qui se pratique souvent en endormant lesdits chatons avec de l’ether.

  13. bnwr dit :

    A propos de la bise, un article intéressant qui compare la situation dans différents pays : http://www.ft.com/intl/cms/s/2/db51a45e-4472-11e0-931d-00144feab49a.html#axzz1Fp4ghsT3

    C’est un truc qui m’a manqué en Angleterre. Il faut dire que de l’autre de coté de la Manche, il ne se serrent même pas la main (enfin, *une* fois, quand on te présente quelqu’un) et n’avoir aucun contact physique est assez déstabilisant.

    • elifsu dit :

      Si mon seul contact physique avec les gens était la bise, ça remplirait un certain rôle, sans doute, mais j’ai pas mal de contacts physiques choisis avec des gens choisis, donc bon, la bise imposée/obligatoire/réclamée, pas trop pour moi ;)

  14. cerdic dit :

    Je crois que le nationalisme français prend souvent la forme du chauvinisme : une sorte de fierté/sentiment de supériorité mal placée, s’accompagnant souvent de condescendance (voire mépris) envers l’étranger (ce qu’on le retrouve d’ailleurs dans deux autres items de ta liste : supériorité des français et mépris des garçons de cafés envers les étrangers).
    En revanche on y trouve rarement le dévouement et la solidarité propres au patriotisme…

    L’école, beaucoup à redire sans doute oui. A part la culture générale, ce qu’on y apprends ne prépare pas beaucoup avec la vraie vie : apprendre par cœur plutôt que réfléchir, chacun pour soi plutôt que travailler ensemble…

  15. Je trouve que l’idée d’énumérer les tics et habitudes est un passe-nerfs amusant, surtout quand on a en tête l’intensité de la vie a Paris, ou la densité de la ville exacerbe tout.
    Les commentaires sont forcement polarisés parce que ce genre de billet à l’aspect léger, remet en cause en fait de façon assez explicite l’image que chaque lecteur pense projeter, en les mettant tous un gros panier à travers leur nationalité. L’intime laminé a gros coup de bâton par la généralisation, qui plus est nationale.

    Le/la lecteur/lectrice lambda est naturellement persuadé(e) d’être quelqu’un de spécial et unique: « we are all individuals ». Et donc là, tu lui balance à la gueule que:
    – sa façon de faire la bise, c’est au mieux logistiquement lourd-dingue (la putain de tournée du bureau tous les matins), au pire bacterialement baveuse à t’en faire sauter la clause numéro 87 de sa police d’assurance-vie (ces miasmes sont vos risques et périls),
    – sa prépa pue: « mais putain on a en a chié pour le décrocher ce concours! – et d’ailleurs j’te f’rais dire au passage que sciences po c’est pas de la prépa peut-être?.. *raclement de gorge* … »
    – son humour gaulois est plus que douteux: « et Bref alors? Tu vas quand même pas nous dire que le Jon Stewart il est plus drôle non? »
    – et on pourrait continuer comme ca jusqu’a Noel…

    Ce n’est pas tant que chaque point n’est pas valide en tant que tel, mais plutôt que le fait de les avoir comme ça, à la queue leu leu sur une même page, force le trait et peut donner une impression de caricature qui fait forcement réagir.

    Ca me rappelle un bouquin qui a eu pas mal de succès en Australie il y à 10 ans, « Almost French », dans lequel une journaliste Australienne décrit sa vie à Paris. Le portait qu’elle dresse de son copain français est proprement hallucinant Ce jeune homme semble souffrir de tous les clichés du petit copain français ‘idéal’ (dans ses qualités et défauts). Mais en fait il est clair qu’elle a du rencontrer une douzaine de types, qu’elle les a bien observés, et en a construit un personnage imaginaire qui concentre à lui tout seul, tous leurs tics les plus franchouillards: du fumage de pipe, aux envolées verbales permanentes sur la bouffe, le pinard, la culture et j’en passe.

    Tout ca pour dire, que 2 questions me viennent à l’esprit. Une frivole et l’autre un peu plus intéressante:

    1 – Effectivement, est que les gens que tu croises en France (ou ailleurs en Turquie, USA, Australie, Belgique, Egypte,…) ressemblent à leur propre caricature nationale?… cette asymptote culturelle jamais atteinte mais dont certains quidams semblent s’approcher de façon dangereusement epsilonesque… et là, pour y répondre, ouvrons la boite à vannes. Distribution gratuite et il y en aura pour toutes les couleurs…

    2 – Quelle est l’origine (historique, sociale, etc) de ces caractères nationaux. C’est un terrain très glissant car on peut rapidement se faire accuser de xénophobie mais que je trouve fascinant si proprement posé. En gros c’est de la sociologie… Il ne s’agit évidement pas de tomber dans de degrés zéro genre: pourquoi les russes picolent, les français baisent, et les italiens aiment les pates. Mais plutôt de comprendre comment des facteurs *environnementaux* (au sens large) ont contribué a forger une société. Des exemples au débotté, donc forcement simplistes et maladroits:
    – Le Japon a toujours eu une culture de la miniaturisation (des bonzaïs (si si) à l’électronique). Des études sérieuses soulignent comment le manque d’espace habitable (le pays est très montagneux) a toujours mis la pression pour faire compact.
    – Les pays scandinaves ont été pionniers du GSM (Nokia): les distances sont telles que tirer un réseau filaire aurait été un cauchemar. D’ou le téléphone portable.
    – Le nombre de vins et fromages en France, ou plus sérieusement les fortes cultures régionales: la géographie fragmentée a favorisé le développement de cultures régionales marquées (les terroirs). Ce qui ne serait pas possible si une vaste plaine (plate) s’étendait de la Manche a la Méditerranée.
    – etc etc

    Donc pour conclure, à mon sens, ta liste est humoristique (parfois tragi-comique – cf les flics aux frontières) et vouloir argumenter « contre » est futile parce qu’il y aura toujours un Deschien qui collera à la description et un contre-exemple qui illustrera son contraire.
    Par contre elle renvoie une bonne question au lecteur/lectrice: pense-il/elle ressembler à la caricature que l’étranger/ère, qui a le luxe du recul et la sagesse du regard extérieur, se fait de son archétype?

    #Voila

  16. elifsu dit :

    Commentaire reçu par mail d’un ami français-ayant-toujours-vécu-en-France (je crois…) :

    « Intéressante taxinomie. Il y a des sous ordre ?

    Je ne te suis pas sur tout, mais l’obligation de faire la bise m’a
    toujours lourdement pesée (après tout, un signe de la tête à bonne
    distance est bien plus hygiénique).

    Sans commentaire sur les employés de préfecture (je serais moins
    sévère pour les flics, mais c’est probablement par ce que je n’ai
    jamais vraiment eu affaire à eux) et les garçons de café. Par contre,
    les grêves/manif/occupations etc. ne me font plus délirer depuis bien
    longtemps. »

  17. elifsu dit :

    Commentaire reçu par mail d’un ami américain universitaire qui a travaillé quelques mois à Paris (à l’INRIA) :

    « I really enjoyed this. Only immigrants and expats can write anything
    interesting about their country, right?

    To me the funniest thing about France was that whenever I would
    comment about something that I liked which was different from the US,
    invariably someone would assure me that things were changing and soon
    France would be just like the US ».

  18. Helran dit :

    Désolé, je n’ai pas lu les commentaires, juste survolé.
    Je suis d’accord avec toi sur cette liste, même si on a des points divergeant en politique.
    Comme je disais sur twitter, il faudrait que les gens s’expatrient 2-3 ans avant d’aller voter. je crois qu’aller vivre à l’étranger (j’ai bien dit vivre/expat et non faire la fête à la Erasmus ou du clubmed chaque année dans le même pays) pour avoir un recule sur son pays (de naissance ou d’adoption). Du coup je suis totalement d’accord avec « Only immigrants and expats can write anything interesting about their country, right? »

    Je ne vais pas revenir sur chaque point, car tu as dis le fond de ma pensée. J’ajouterais d’autre comme le faite de considérer les nanas en minijupe ou habillé « ouvertement » comme des salopes, il en va in fine à cette idée que une nana ne peut pas s’amuser sexuellement, sinon c’est une pute. Comme je dis toujours, tout est une question de manière de faire.
    Aussi, le fait qu’en france tout est basé uniquement sur les apparences et du coup impossible de trouver un job si tu as des percing, tatoo, cheveux blueu, coup de cheveux un peu hors norme, même si tu es très bon dans ton job.

    Evidemment et pour des raisons financières, tout le monde ne peut pas s’expatrier. Si on a la tune (des parents, via le boulot, ou via des bourses comme notre cas) je pense que c’est l’une des meilleurs choses à faire tant au niveau personnel qu’au niveau développement de l’esprit critique et du jugement envers son propre pays. Apres il est sur qu’on aura tous une « politique » différente et donc les expatrier auront tout de même des visions différente mais au moins, ils auront pu voir ailleurs et peuvent « critiquer ».

    Le problème est que le système scolaire français est fait pour former (à coup de par coeur) des elites qui vont en grandes écoles pour le reste on les case comme on peu sans y porter attention, alors qu’en Finlande et aux USA, les thésards/phd sont plus « respectés » que les ingénieurs. Alors qu’en france les étudiants sont des idiots bon à rien et les ingés l’élite de la nation, d’ailleurs comme les métiers dit « manuel » (bac pro etc) sont considérés comment des métiers de merde en France.
    Sans oublier que l’étude des langues étrangères est plus que médiocre (auquel t’ajoute la fameuse fierté nationale, tout le monde doit parler français, c’est pas au français de faire l’effort de parler anglais) et une politique totalement absente en matière d’expatriation et développement à l’étranger (et je parle que sur du court terme, quelques petites années). Ca nous donne, des mecs ingés qui se prétendent supérieur aux autres (en tout cas en France) (et dont je me demande s’ils ont vécu ailleurs que dans la ville où est l’école?) et le reste, des sous merdes, qui ne sont jamais sortie de leur village (j’exagère évidement). Voilà le tableau qu’on pourrait voir de la France, car finalement peut d’entre nous s’expatrie pour court/moyen/long terme, il suffit de voir ce que nos camarades de classes en primaire sont devenus. Tout ça parce qu’on les cantonnes à rester dans des « boites » et ne pas y bouger, ne pas évoluer, ne pas s’émanciper, ne pas penser et ne pas critiquer. Voila ce que je pense du système scolaire français que je trouve défaillant et dévalorisant pour la critique et l’individualité.

  19. Jastrow dit :

    Je suis un peu surprise que tu mentionnes des mesures anti-clochards. Pour prendre un exemple, les étrangers se plaignent beaucoup de ce qu’on trouve des clochards à Charles-De-Gaulle. Aéroports de Paris se défend toujours en disant que la culture française n’est pas de leur interdire l’accès. J’ai vécu dans une rue de Paris où il y avait plein de clochards dormant sous les arcades, au point où la circulation était parfois difficile, à quelques mètres d’un commissariat. Pour le reste, je ne suis pas étonnée par ta liste et je partage largement.

    Sinon, lisant récemment The English de Jeremy Paxman, j’ai été amusée de constater que beaucoup de défauts épinglés comme typiquement anglais sont considérés, en France, comme des travers bien français. Je ne sais pas ce qu’il faut en conclure !

  20. Un Aussie dit :

    Que fais tu toujours en France? Tu n’aimes pas! tu t’arraches, PUNTO!

  21. Özge dit :

    Je me retrouve dans beaucoup de points de ton article dont la bise, je déteste donner un million de bises a des gens dont je ne me souviendrais jamais ni de leur prénom ni de leur visage bref.

    et le manque de solidarité dans la rue dans le métro, je me suis faite traiter de sale cul de blanche un jour le mec nous a couru après tous le monde s’est écarté pour le laisser nous choper avec ma copine. En Turquie je peux vous dire que tous les gens autours nous auraient défendu.

    LA drague lourde alors franchement c’est ce qui m’a le plus saoulé pendant mes études. Ah les mecs français (en tout cas les Lyonnais) ils sont au taquet des le petit matin

  22. Ben dit :

    Volvic appartient a Danone, comme Evian! Attention à ne pas utiliser « sans doute » au lieu de « peut-être »

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