Archives de Catégorie: youppi

Désormais, il faudra aller sur http://penserclasser.fr/ pour me lire et commenter. Et passer commande d’articles et de sujets à traiter (bah oui, rien de tel que des questions pour bien raconter/retenir les choses).

Je ne suis pas sûre que j’ai réussi à embarquer les abonnés-par-mail au blog, alors je vous prie de bien vouloir vous réabonner par mail puisque c’est la façon que vous préférez (et je vous comprends) sur le nouveau site…ou alors vous me faites signe, et je le fais pour vous.

À très vite. Genre, très très vite, dès que j’ai bouclé un article qui traine depuis le 9 janvier concernant le film Pourquoi les femmes sont-elles plus petites que les hommes à voir absolument ce vendredi sur ARTE (ou dans les 6 jours qui suivent).

Merci à Samy Rabih qui m’héberge désormais.

Ça déménage !

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Mes livres préférés / Mes conseils de lecture #papier

Voici une liste des livres que j’ai eu le plus de plaisir à lire en français :

avertissements
(1) liste faite de tête, après un rapide tour dans l’appartement :
il doit y avoir des oublis que je me garde le droit de rajouter plus tard
(2) dans chaque rubrique, pas d’ordre de préférence
(3) joyeux bordel de grands classiques et d’hyper contemporain, ne vous moquez pas
(4) j’ai lu pas mal de choses en turc ou en français, il vaut mieux lire les VO si on peut, évidemment
(5) pour les flemmards, j’ai mis des liens Wikipedia, pour vous rafraichir la mémoire
(6) je n’ai pas mis mes lectures d’enfant (sauf Le Petit Prince qui n’est pas un livre d’enfant)
(7) je me rends compte qu’il y a un forcément un biais de récence : un livre a d’autant plus de chances d’aboutir ici que je l’ai lu récemment :-/
(8) bon en fait il y a quelques tricheries : je ne les ai pas lus en français. Comme ils me sont venus spontanément dans cette liste, je les ai laissés ;)

Romans/fictions/nouvelles

Dürrenmatt : Le Juge et son bourreau, La Visite de la vieille dame  (découvert en cours d’Allemand grâce à ma prof géniale, Mme Idareci), et des nouvelles…
Georges Perec : Penser/Classer et le reste (mais pas beaucoup lu en fait…)
Antoine_de_Saint-Exupéry : Le Petit Prince (je me dis que si tout le monde l’avait lu, le monde serait meilleur)
Tonino Benaquista : Malavita (et sa suite) est/sont de loin mon préféré mon/mes préféré/s (crises de fous rire sur le regard d’un américain sur la France)
Michael Freund (enseignant chercheur de maths…) : La disparition de Deborah L mélange très réussi d’histoire personnelle et de grande Histoire
Paul Auster : tous ses romans (en partilcuier Triologie New-Yorkaise, Léviathan, Brooklyn Follies, La Musique du hasard…) (je suis une bonne cliente)
Kafka : tout ; en particulier, La métamorphose, Le Procès, Le Château
Benard Schlink : Le Liseur, et les polars avec le personnage Selb
Silvya Plath : son unique roman, La Cloche de Détresse (en fait, je l’ai lu en turc, j’espère que c’est bien traduit en Français) (attention, hyper déprimant si je me souviens bien)
Roald Dahl : les nouvelles pour adultes, notamment celles rassemblées dans « Bizarre ! Bizarre ! », très noires et très drôles
Jonathan Safran Foer  je n’ai lu que Extraordinairement fort et incroyablement près et c’est assez magique
Le journal d’Anne Frank qu’on ne présente plus (mais est-ce que tout le monde l’a lu ?)
Virginie Despentes :  son roman Teen Spirit qui est pas mal du tout et son essai King Kong Théorie (attention, féministe :-)
Maupassant  : des centaines de nouvelles, faites-vous plaisir !
Kundera : La Plaisanterie est celui que j’ai préféré. J’ai lu tout ce qui était disponible entre 92 et 94 (16-18 ans), puis tout ce qui est sorti au fur et à mesure. Et j’ai détesté au fur et à mesure, et je me suis dit : il faut vraiment être ado pour aimer ça ;)

Essais/documentaires

Rebecca Skloot, La Vie immortelle d’Henrietta Lacks [je l’ai lu en anglais « The Immortal Life of Henrietta Lacks »]
Virginie Linhart : La Vie après et Le jour où mon père s’est tu (pas encore lu mais j’ai hâte : Volontaires pour l’usine : vies d’établis et Enquête aux prud’hommes), captivant et instructif à la fois, autant sur l’histoire (médicale) des noirs aux USA que sur la culture cellulaire
Si c’est un homme de Primo Levi
L’établi de Robert Linhart. Grandiose, un de mes livres préférés toutes catégories et époques confondues. J’ai hâte de lire Le Sucre et la faim.
Tarnac, magazin général David Dufresne sur l’affaire de Tarnac (captivant et instructif à la fois)
Penser comme un rat par Vinciane Despret. J’ai hâte de lire les autres.
Kant par Colas Duflo (philosophe), dans la collection « Le bien commun » dirigée par Antoine Garapon (magistrat) (super intro au Kant du droit)
Mythologies  de Roland Barthes

Humour : crise de fou rire garantie (ou remboursé)

The Worst Case Scenario Handbooks : tous ! (je les ai en français et en anglais)
Le Manuel du parfait petit masochiste de Dan Greenburg
Stupeur et tremblements d’Amélie Nothomb (les autres sont bof bof, croyez-moi)

Art

Sophie Calle  : tout, mais en particulier L’Érouv de Jerusalem, Le Rituel d’anniversaire, Prenez soin de vous, Le Carnet d’adresses…

BD

Maus  de Art Spiegelman
Le retour à la terre
Mafalda : tous ! du pur bonheur !
Happy sex de Zep (crises de fous rires garantis ici aussi–adults only hein)
(je suis aussi une grande fan de Calvin & Hobbes et Peanuts, mais les mettre en français me gêne un peu)

Théâtre

Les Bonnes de Genet
En attendant Godot et toutes les autres pièces de Beckett (bien meilleures à lire qu’à voir sur scène, il faut être très très bon pour que ça marche sur scène)

Cuisine

La Cuisine de Marguerite (Duras) introuvable car interdit par son exécuteur testamentaire, mais je vous en fabrique un fac similé quand vous voulez ;)

Article dédicacé à Tom Roud qui demandait des conseils de lecture pour l’été : il devrait trouver quelques idées ici ;)

Un enregistrement mp3 qui parle latin : le rêve de tout latiniste !

Ça vient de museomix, je trouvais ça trop dommage de ne pas le publier, écouter du latin parlé, c’est un peu le rêve de tout latiniste, et en tant que latiniste défroquée par paresse, j’ai eu beaucoup de plaisir à entendre ça, et à discuter avec Laurent Chopard, médiateur culturel au Musée gallo romain de Lyon sur les aspects pratiques de la lecture à voix haute (élisions, accentuation, etc.), alors, voilà, cadeau de Claude Jeanneret et de toute l’équipe 10 !

Le discours de Claude, dit, donc, ici.

Concert de Radiohead à Paris-Bercy : beau travail ! #enthousiasme

C’est la première fois que j’écris sur de la musique, sans doute, du coup je ne vais pas écrire sur la musique parce que j’y connais fichtre rien (et que ça me complexe un peu). Je vais juste partager quelques impressions hyper personnelles sur un concert qui m’a bien plu.

Je dois dire je redoutais un peu l’idée d’aller à Bercy car je n’aime pas les grandes salles de concert (oui, je considère Bercy déjà trop grand) et que la dernière (première) fois que j’y étais, c’était pour Cure, et le son était vraiment pourri. Je n’ai pas d’oreille, je crois (ça se sait, sinon, non ? Ou puis-je garder un fantasme caché comme ces gens à la carrière scolaire et professionnelle ratée qui entretiennent le doux rêve d’être victime d’un QI trop élevé ?), mais le mauvais son me gêne vraiment (alors que je ne remarque pas systématiquement quand quelqu’un chante faux), et le bon son (ou ce que je crois être) m’enchante. C’est comme ça que j’ai eu le coup de foudre pour des Cabasse en 1999 (depuis j’ai remarqué que pour le rock et l’électro, c’était pas parfait), et l’Opéra Bastille aux premières notes de Don Giovanni alors que j’étais au 5ème étage). Mais quand le chanteur de LCD Soundsystem s’est visiblement plaint du son au Zénith (il gesticulait en direction de la régie), je ne captais pas le problème. Donc y a pas de règle.

Donc j’ai demandé sur Twitter (quelle surprise, hein), où j’avais de l’espoir d’avoir le son le moins mauvais possible à Bercy, et JS m’a dit de me mettre devant la console de son, je me suis souvenue que j’avais déjà remarqué que c’était un point pratique de RDV en concert et que le son y était bon, je me disais (parce que j’ai besoin de trouver une explication à tout, fusse-t-elle foireuse et provisoire) que ça devait être parce que les mesures (hum hum) et les réglages étaient faits à cet endroit, forcément, c’était le meilleur son, la référence. Eh bien, ça marche, le son y est vraiment meilleur, et 5 m plus loin, c’est moins bon. Ou alors c’est psychosomatique.

Comme je ne suis pas une assez bonne fan de Radiohead, je ne vais pas vous faire la setlist (et il y a des sites pour ça, tenus par des fous), il y avait des vieilles chansons et des moins vieilles (quelle rigueur, quelle précision), du bon son, parfois un tout petit trop de basses, et des tout petits bonhommes sur une scène trop loin et trop basse (vis ma vie de 1m58, le produit n’a clairement pas été conçu pour les concerts), ce qui m’a impressionnée, ce sont les écrans. Ne vous moquez pas, je ne suis pas une décongelée congelée dans les années 50, j’ai déjà vu des écrans dans ma vie, et même dans des concerts, et j’ai toujours détesté ça. Et là, c’était différent.

Depuis qu’on met des grands écrans à droite et à gauche (et partout, si la salle est plus grande) des scènes de concert, je trouve ça hyper moche, et ça me met de très mauvaise humeur. Je me dis que je ne suis pas venue m’entasser avec tant de monde, payer si cher, pour finalement regarder la télé, et une télé mal cadrée, avec des couleurs moches, et sans pub. Je ne comprends pas l’intérêt. Et en même temps, je ne décolle pas les yeux de l’écran, parce que je suis trop petite et que je ne vois rien, et que je suis fascinée, comme aspirée par les écrans (de télé). Enfin, ça m’énerve que ça n’ait l’air de gêner personne, que tout le monde trouve ça normal que la scène (ou la salle ?) ne soit pas réglée/conçue de façon à ce que les spectateurs voient ce qu’ils sont venus voir.

Mais là, c’était différent.

Il y avait bien des écrans qui permettaient de voir les petits bonhommes sur scène, mais quitte à avoir des écrans sur scène, ils avaient décidé d’en jouer, de les mettre en scène. Je les soupçonne d’avoir un scénographe du niveau de Peter Pabst ou de Richard Peduzzi, tout en souplesse et douceur. Des films cadrés très serrés des musiciens (si on avait la tête, on n’avait pas les bras, si on avait les bras et la guitare, on n’avait pas les jambes) étaient projetés sur 12 écrans mobiles et 6 écrans fixes au dessus, avec des superpositions d’images, des jeux de pixels de couleurs, des choix de couleurs dominante en accord avec le fond, le tout avec des ré-agencements fluides d’un nombre limité d’éléments, en intelligence avec le son et la lumière. Magnifique. Et assez simple finalement. Ou alors c’est hyper compliqué de filmer avec (minimum) 6 caméras et de coordonner tout ça, mais ça ne puait pas la prouesse technique, ça servait une cause, si on peut dire, et je trouve que c’est trop rare de nos jours de fascination devant la machine/l’écran/le code/le défilé rapide/la couleur pour ne pas le signaler.

Enfin projeter quelque chose pendant un concert a un sens, ça ne donne pas l’impression de se taper un mauvais téléfilm en parallèle du concert, ni le VJ qui projette des trucs compliqués pour que surtout le public ne s’ennuie pas « à l’ère du zapping » (ok, c’est les années 90, ça, mais ça continue), ces images viennent compléter le concert, lui apportent quelque chose. Comme une scénographie intelligente sert le spectacle, et n’est pas là pour faire son malin.

Je sens que certains vont me dire « Bah dis donc, ça te fait du bien de sortir de temps en temps, de découvrir la formidable modernité technique qui nous entoure depuis un moment déjà ! On dirait que tu n’as rien vu depuis les années 80 en Turquie ;-) ». Même pas vrai.

Sinon, rayon misanthropie, rien de nouveau : les gens photographient la scène avec des appareils photos compact ou des téléphones, font péter des flashs à 50-100 m (rappel portée de ces flashs : 1 à 3m), ils filment et secouent la tête en même temps ou ne bougent pas alors que la musique devrait les faire danser. Mais bon, les parisiens, les vieux, tout ça. Et s’il y avait pas 1 ou 2 trucs contre quoi râler, on me retirerait ma nationalité française durement acquise, et ça, ça serait rudement dommage.

merci à Jean-Sébastien Zanchi pour la photo qu’il n’a pas hésité à me donner sans même savoir ce que j’allais raconter comme salades 

3ème twit-apéro autour des sciences humaines et sociales #TASHS

Ayé,

on a trouvé un lieu : le Café de l’Industrie, 16 rue Saint Sabin à Paris :

on se retrouve ce jeudi 12 juillet,

pour parler redressement productif et le rôle crucial que les SHS pourraient y jouer,

ou pas.

Ici bas, vous pouvez annoncer que vous venez, ou dire que vous voulez être au courant des prochains rendez-vous (on dit tous les ans qu’on aimerait se voir avant dans un an…), proposer des sujets polémiques, faire des hypothèses sur les prétextes ayant fait éliminer les autres cafés-candidats et se fixer sur l’industrie, etc.

À jeudi ! 19h !

La Turquie qui me manque #homesick

Article dans la série La France que j’aime et La France que je n’aime pas. Le pendant, la Turquie qui ne me manque pas.

  • Toutes les bonnes choses à manger. Surtout à Istanbul. Oui, ça mériterait un article à part, voire plusieurs.
  • Le fait que les gens soient politisés, beaucoup plus qu’en France. A milieu à peu près égal (= ceux que j’ai fréquenté). Plus proche de l’Amérique Latine, d’après des discussions avec des Mexicains et Argentins.
  • Les gens qui feraient tout pour vous aider. Le sens du service, de l’accueil, du partage (de ce qu’on a à manger, par exemple, dans un bus, par exemple, avec ses voisins).
  • Les phrases du type « kolay gelsin » (littéralement « que cela te/vous soit facile »), « geçmis olsun » (« que cela passe vite »), « eline saglik » (« santé à tes mains »), etc. Du coup c’est très difficile pour moi de passer à côté de quelqu’un qui travaille (dans la rue, par exemple) sans lui dire « bon courage », de voir un ami malade et de ne pas lui dire « bon rétablissement » (mon dieu que c’est lourd), de manger un plat sans féliciter le cuisinier, etc.
  • La langue hyper imagée avec plein d’expression rigolotes (que je connais très très mal en fait). Un peu comme le judéo-espagnol.
  • Les chats dans les rues à Istanbul (je connais mal le reste de la Turquie). Les petites cabanes en carton et les bols de croquettes et d’eau déposées aux coins des rues de Cihangir…Jamais vu autant de chats en Europe, sauf en France.
  • L’humour très particulier, que je ne saurais décrire, une forme de naïveté, d’absurde et d’autodérision…Promis je vous propose des exemples dès que j’en trouve ! Türk mantigi, türk esprisi, türk kafasi…
  • Les dolmuş, qu’on traduit par « taxis collectifs » en français. Je me dis que les shérout israéliens datent de l’époque ottomane, mais je n’en sais rien. Il y a des itinéraires pré-établis. On peut descendre n’importe où sur le chemin et on paye en fonction de la distance. Quand j’étais petite, à Istanbul, c’étaient des vieilles FORD et plein d’autres sublimes voitures. Ils ont profité que j’avais le dos tourné dans les années 90 pour les virer toutes, du jour au lendemain. J’en veux personnellement à chaque stambouliote de ne pas s’être révolté contre ça. Et de ne pas m’en avoir mise une de côté.
  • Tout a une solution. On se débrouille, on se démerde, on trouve une solution. On est moins fataliste qu’en Europe. Parce que le droit est moins bien fixé, peut-être. Reste une part de flou, de négociation possible. Sauf avec l’État. Enfin, sauf si vous avez beaucoup de pouvoir, et/ou du fric. Donc ce point a du bon et du mauvais, en fait. Demokrasilerde çözüm tükenmez.
  • La possibilité de manger et de boire à toute heure du jour et de la nuit [à Istanbul]. No comment. Mérite un article à part. Explique beaucoup de mes exaspérations parisiennes à crever la dalle à 14h ou à 22h, quand on refuse de vous servir.
  • On répare encore tout. L’avantage de faire partie du Tiers-Monde, et/ou d’avoir une main d’œuvre pas cher, d’être un pays pauvre et membre de la société de consommation depuis moins longtemps que l’Europe, c’est que tout se répare. Une lampe, un parapluie, un sac dont la fermeture Eclair est cassée, une valise, une chaise, un étendoir à linge, les chaussures, l’électroménager même petit, bref tout ce que vous auriez jeté ici. Explique mon allergie à l’obsolescence programmée ou non. Bon, mon grand-père né en 1898 a aussi joué là-dedans.
  • La beauté et le bon goût des fruits et légumes. Bon, j’ai quitté Istanbul en 1994, et apparemment, la situation est moins idyllique que dans mes souvenirs. La Turquie réalise chaque jour son rêve de rattraper l’Europe, et l’imite dans ses pires conneries, au nom du progrès et de la modernité. Les pesticides, c’est connu que les pays du Tiers-Monde font plutôt encore plus n’importe quoi que les pays plus riches, mais je ne sais pas comment, les tomates avaient du gout, les fraises aussi, les pêches, les abricots, les courgettes et les poivrons fins, etc. Et déjà quand j’étais petite, mère et grand-mère râlaient sur telle variété qui avaient disparus, telle autre qui n’avait plus le même parfum…
  • Istanbul, c’est le poisson frais. Le poisson qui a une tête et une queue et s’installe entier, de bout en bout, dans votre assiette. Miam ! Incomparable. Grillés. Sans rien d’autre. Pas de riz, pas de sauce. Certes plus cher que tout le reste, mais beaucoup plus abordable (proportionnellement) qu’à Paris (à vérifier…). Pas des tranches fadasses de poissons congelés arrivés d’Atlantique…

  • Le kaymak. Là, c’est pas un article à part que ça mérite, c’est un bouquin, que dis-je, un cap, une péninsule, une encylopédie.

En gros, pour faire vite, c’est de la crème (pas fraîche, mais le truc qui monte au dessus du lait quand on le fait cuire, je crois), essentiellement fait de lait de bufflonne (sujet à débat : tout le monde met-il du lait de bufflonne, etc.). Se met sur les baklava, notamment, pour les alléger (si, si). Et mon dessert préféré, le « meyhane tatlisi » : une banane coupée en rondelles, du kaymak, des noix pilées, et du miel (de pin). Léger, sain. Le kaymak se trouve plus difficile l’été, et est le seul aliment turc qu’on ne trouve pas en Europe. Ça voyage très très mal, même en avion, faut le manger le jour-même. Du coup, j’ai l’intention de monter un élevage de bufflonnes pour en produire localement. Ou retourner m’installer en Turquie, parce qu’il y a des limites au malheur alimentaire.

  • Les gens s’y connaissent beaucoup plus en goût de l’eau. Faute d’être de bons producteurs de vin ?
  • Faire ensemble le helva à la mort d’une personne aimée. On se relaye à la cuisine pour donner un coup de cuillère à la cuisson de ce plat long et fastidieux et délicieux. Ici, ils ont écrit « halva », ça sonne pas très bien en turc, on dit plutôt « helva » (euphonie). Et ils parlent de helva de farine, moi je ne les ai vus que de semoule, dans ce contexte de mort. Je trouve le rituel très beau, et le résultat très bon. Du coup, il ne faut pas attendre les décès pour le faire.
  • Les enterrements, rassemblements sociaux et mondains, inratables sauf excuse costaud. En France, j’ai connu des gens ne pas aller aux enterrements des parents de leurs amis, pour ne pas gêner, par discrétion, ou pour des causes qui me dépassent totalement. Une sorte de pudeur sans doute qui me met tout à fait mal à l’aise.
  • Trouver des taxis facilement et ne pas payer la peau des fesses [Istanbul]. OK, sauf quand il pleut ou qu’il neige. Et sauf les 2 heures autour de la tombée de la nuit pendant le mois du Ramadan (les gens rentrent chez eux pour manger, et les rues sont désertes). OK, du coup, les taxis sont tout pourris, pas du tout les BMW de Paris. Et ils conduisent mal. Et ils ne connaissent pas les adresses. Mais au moins vous rentrez chez vous facilement de n’importe où à n’importe quelle heure (essayez de trouver un taxi à Bastille ou Pigalle entre 2h et 4h du matin).
  • La vie nocturne à Istanbul. Ah, ça aussi, ça mériterait un article/livre/guide. D’ailleurs il y en a plein depuis que je suis partie. Tous les guides un peu branchés vous conseillent d’aller faire la fête à Istanbul. Vu de Paris, c’est sûr que c’est un peu la folie. Et encore, c’était déjà beaucoup plus la folie que Paris dès 1992-1994, et depuis, les possibilités, le nombre de bars/restos semble s’être multiplié par 10 ou plus (d’après ce que j’aperçois quand j’y passe + d’après ce que je lis dans les guides type TIME OUT Istanbul). Ce qui explique largement pourquoi je me fais chier depuis 18 ans à Paris et pourquoi je râle autant au sujet de la vie nocturne inexistante ici. Ou alors on m’invite jamais nulle part. En tout cas je n’ai pas eu ce problème ni à Berlin ni à NYC que j’adore notamment pour ça. Y compris seule.
  • L’épilation au caramel. En fait, depuis mon départ, la Turquie n’a pas arrêté de se moderniser, et a adopté avec beaucoup de fierté la cire à l’européenne, ce machin qu’il faut étaler en 10 fois sur une demi-jambe pour vous épiler. « Avant », on faisait ça à la sauvage, assise sur une chaise, chez le coiffeur (dans une pièce à part, hein) (où on fait aussi la manucure et la pédicure). Pas d »esthéticienne », pas besoin de se coucher. Ça durait 10 min. En 4 coups de bandes, c’était fait. Après vous avoir étalé, avec un couteau (du type couteau de cantine) ou une cuillère (du type cuillère à soupe de cantine), un caramel qui chauffe dans une casserole sur un butagaz (si, si, je vous jure, c’est folklorique et pas hyper sécuritaire, c’est vrai), la dame vous met des bandes en tissus, et hop, elle tire. Maintenant, elles sont passées à la cire (« sir agda »), elles le vendent plus cher (car c’est plus cher à l’achat), mais elles sont si fières. Si elles savaient qu’en France, le nec plus ultra, hyper plus cher, c’est la cire orientale au sucre ? Le monde à l’envers + nous n’avons jamais été modernes, j’ai envie de dire (hors sujet). (dispositif Socio Technique à étudier un jour)
  • Les gens qui se lavent les mains tout le temps. Notamment après être allé aux WC. Et en arrivant dans une maison (vous arrivez de l’extérieur, la rue, c’est sale). Peut-être lié aux traditions musulmanes de lavage très consciencieux pour ne pas dire maniaque avant la prière ? Peut-être une explication aux non-épidémies de gastros ? (bon, ce dernier point devra être vérifié : si ça se trouve il y a autant de gastros qu’en France, mais que juste on en parle pas, ni entre collègues, ni à une soirée mondaine, ni à la télé).

(liste en perpétuelle évolution)

La France que j’aime #CommeAuPremierJour

Article dans la série La France que je n’aime pasla Turquie qui me manque, la Turquie qui ne me manque pas.

  • La Hulotte, « le journal le plus lu dans les terriers », connu par un ex. Je trouve ça irrésistible. Les dessins sont sublimes. Les infos sérieuses, le ton drôle. J’adore aussi l’histoire de la revue, l’histoire d’un homme principalement. J’adore rencontrer des gens abonnés à La Hulotte. C’est des chouettes gens qui s’intéressent à la nature, la nature sauvage qu’ils ont à portée de mains.
  • Les bals populaires du 14 juillet. Le bal du PC qui s’est longtemps tenu sur le pont ?? entre l’Île Saint Louis et le quai ?? (à compléter). Le fait que les casernes de pompiers ouvrent leurs portes pour accueillir le public.
  • Que le 1er mai soit le seul jour férié nécessairement chômé. La tradition du muguet, les manifs.
  • Le Front Populaire, Mendès-France et Mai 68
  • Le Préfét Maurice Grimaud. Bon en fait il faudrait que je publie l’ensemble de Mon Panthéon Personnel pour être plus juste envers les autres.
  • Les bonnes baguettes et la meilleure pâtisserie du monde. Attention, ni les baguettes ni les pâtisseries ne sont bonnes partout en France, loin de là.
  • L’expression « salle des pas perdus« .
  • Le fait qu’on y danse encore le rock à deux, quel bonheur !
  • Les manifs et les grèves. Les droits, ça se défend et ça s’obtient par les luttes.
  • L’autogestion de Lip (ok, ça n’a pas duré, mais quand même).
  • Les fait que les gens lisent des journaux et des livres dans le métro et dans le bus. Beaucoup moins depuis l’arrivée des téléphones portables, et surtout des smartphones ?
  • Le Canard Enchaîné, les Guignols de l’info, Charlie Hebdo et leur irrévérence.
  • La beauté de Paris. J’habite ici depuis près de 18 ans (+ 2 ans quand j’étais petite), et je ne m’en lasse pas un seul jour. Le fait qu’on n’ait pas le droit de faire des restaurations n’importe comment sur les façades (même si désormais on voit beaucoup de mochetés).
  • Les bancs publics (qui disparaissent, et je trouve ça extrêmement choquant car c’est pour de très mauvaises raisons).
  • Les squares et les jardins type Luxembourg fréquentés par les enfants, les vieux et les amoureux.
  • La quantité de vieux qu’on voit dans les rues. Le pays est vieillissant, comme toute l’Europe, et les rues sont plus accessibles qu’en Turquie, par exemple.
  • La drague assez égalitaire entre hommes et femmes dans les espaces publics (rues, bus, métro, bars). Entre femmes, je ne sais pas, je n’ai jamais été draguée par une femme, à mon grand désespoir. Les regards, les sourires. Pas le regard insistant, baveux, agressif et malsain des mecs qui occupent les rues en Turquie. La drague, ce bonheur que j’ai découvert à Paris. Ça drague aussi à NY ou Berlin, mais non, pas pareil, pas autant, pas aussi bien.
  • Le TGV, suggéré par Antoine. C’est vrai qu’on ne peut pas ne pas admirer la bête, son confort, sa vitesse, son peu d’accidents, son absence de morts. Surtout quand on a fait des milliers de km en bus dans les Pays-du-tiers-monde-qui-commencent-à-s’en-sortir : la Turquie et les États-Unis ;-).
  • L‘impressionnante politesse des gens à table : on ne commence pas avant que tout le monde soit servi. Au resto, surtout. Du coup je me suis payée la honte plus d’une fois, c’est vraiment quelque chose que j’ai du apprendre, qu’on m’a appris (les amoureux surtout, je crois). Plus tard, j’ai remarqué que certains n’y faisaient pas gaffe…et du coup, ça me choque, vraie française que je suis devenue. Et les délicieux touillage de ce que tu as dans ton assiette, en attendant impatiemment que tout le monde soit servi : un vrai petit bonheur.
  • L’amour et la pratique si générale de la montagne/de la rando/de l’escalade. J’ai l’impression de n’avoir jamais rencontré un seul Français qui n’ait pas fait au moins rando dans sa vie. Les sports alpins dans un pays alpin, comme son nom l’indique.
  • Tout le monde qui sait bricoler. Plus ou moins. Chacun a forcément refait la peinture de sa chambre/son studio voire son appart. Remplacé un mitigeur, démonté un évier bouché. Réparé une prise. Eh bien, personne que je connaisse en Turquie (allez sauf 1-2 collectionneur de vieille voiture/ingénieur en mécanique). Encore la faute à la main d’œuvre pas cher en Turquie, on n’a pas besoin de savoir ces choses-là, chaque problème a son spécialiste qui viendra pour pas cher, dans la demi-journée.

(liste en perpétuelle révision. Non, ce n’est pas traçable, si vous avez une meilleure solution, partagez-la)

7 chansons (ou 14 morceaux de musique et de danse)

Tomroud me tague sur son blog, Enroweb me le signale sur Twitter, et me voilà sur youtube à chercher 7 chansons qui « rythment/symbolisent ma vie en ce moment ». Ca tombe bien, je n’avais rien à faire, pas de boulot en retard, pas de bureau à ranger, ni chat à nourrir ni le repas de midi à préparer, youppi !

(ordre arbitraire, ou plutôt l’ordre approx. dans lequel les chansons sont venues à moi, aujourd’hui)

1. Mack The Knife par Ella Fitzgerald (même si c’est autrement plus mortel en vinyle)

2. Violently Happy de Bjork, de son extraordinnaire et intemporel premier album Debut (1993. 16 ans quand même ! Ppur de l’électro, c’est très très fort !)

[http://www.youtube.com/watch?v=u493pUhMOM8&]

3. Le Madison extrait de Bande à part de Jean-Luc Godard, pour la musique, pour la danse, pour le film, pour l’auteur, pour les acteurs…

4. A Forest de Cure (ou The Cure), ma préférée de ce groupe

[http://www.youtube.com/watch?v=xik-y0xlpZ0]

5. Ca me vexe de Mademoiselle K, qui m’a bien fait rire et bouger et chanter en 2006-2007 (?)

[http://www.youtube.com/watch?v=Y8F8n4msbyc]

6. Play Bach de Jacques Loussier Trio, qui m’a fait découvrir et aimer la musique classique (et le jazz !) et Bach en particulier.

7. Hoppala, de Wax Poetic, extrait de l’album Istanbul (vous savez ceux qui sont aussi derrière l’excellent jazz club new-yorkais nublu où je serais prête à passer mes jours et mes nuits)

et 7 bonus parce que vous insistez

B1. Marilyn Monroe chantant My Heart Belongs to Daddy, parce qu’elle est inimitable et inoubliable

B2. Mercan Dede (pas facile de trouver sur youtube les chansons que je préfère, et pi il faut le voir en concert, mais on fait avec ce qu’on a)

B3. That’s Not My Name ! par les Ting Tings, so 2008 pour moi, mais j’aime ! (spéciale dédicace à Bastien, DJ en chef de ma soirée en octobre 2008)

[http://www.youtube.com/watch?v=IN4YMli-Esw]

B4. La Folia, même si ce n’est pas une « chanson », juste pour qu’il y en ait un peu, car c’est indispensable à mes oreilles, au moins une fois par mois.

[http://www.youtube.com/watch?v=7v8zxoEoA_Q]

B5. Space Oddity de David Bowie, dans la catégorie science, cinéma, et Kubrick, etc

[http://www.youtube.com/watch?v=D67kmFzSh_o]

B6. Un peu de bhangra parce que je trouve ça déliramment pêchu et défoulant (spéciale dédicace à Kerem et nos folles nuits Berlinoises de 1996-99)

B7. Bilie Jean de Michael Jackson, car c’est sans doute ma préférée de MJ, et que je ne pouvais pas ne le citer.

[http://www.youtube.com/watch?v=DormkZpfgHE]

Cette liste manque terriblement de rock, mais voilà, c’est ma playlist pour aujourd’hui ! Merci TomRoud !

Note le 18 avril 2010 : modifié/remplacé plein de liens disparus de youtube. Cette méthode d’intgration de vidéos dans un blog ne me semble pas viable du tout…Si vous avez des solutions.

Co-auteure avec une de mes idoles ;-) (ou Le Dixel, Alain Rey et moi)

Hélène m’aura prévenue par SMS : « viens dîner demain soir, j’ai un scoop pour toi ». J’ai fait d’impossibles scénarios, appelé copains et copines en commun, vérifié leur définition de « scoop » (« c’est pas un ragot, vous êtes sûrs ? »), mal dormi mais tenu le coup.

– Alors, le scoop, c’est sur qui ?

– Sur toi, cocotte.

– ?!!??

– J’ai vu ton nom dans les « auteurs » du Dixel, tu te souviens l’encylopédie du Robert pour lequel je t’avais demandé de faire des relectures. Ils ont été très chouettes, ils ont mis tous les noms.

– ;-)

Waaaaooooh. Je m’attendais à rien, en relisant gentiment ces articles (prions et épidémiologie ? ou santé publique ?)*, en 2007/2008. Je vous laisse imaginer ma joie de participer à un projet Robert (dans la grande guerre Larousse contre Robert, je suis Robert depuis mon micro-robert en CM2 (encore la faute à ma mère) et je le défends avec force arguments dès que l’occasion se présente (allez, 1 fois tous les 2 ans?). Et comme je suis fan de la personne d’Alain Rey depuis que j’ai écouté ses chroniques sur France Inter (toutes en ligne ici), je suis aux anges.

P.S.1. En lisant ceci, je réalise que le Robert a explicitement communiqué (marketing, etc) sur la richesse de ses collaborateurs pour cet ouvrage

cet éditeur lexicologique de référence y a mis le paquet : 150 collaborateurs,..

donc je comprends mieux maintenant leur gentillesse (interessée) et la classe (jouée) de leur geste pas gratuit (partie d’une stratégie marketing), mais ça me va toujours, je suis prête à donner de mon prestige pour le Robert (genre les gens vont googler ou pubmediser mon nom…on sait jamais, il n’y a pas tellement de noms à consonnance non-gauloise dans la liste des 150, ça pourrait attiser des curiosités)

P.S.2. Voilà au passage quelques éléments pour ceux qui sont régulièrement épatés (voire incrédules quant à mes origines) de ma bonne connaissance du français, de son étymologie et de son usage. Sans compter mes supers profs, bien sûr (Mme Yücel en particulier).

* 13 oct 2009 : Après vérification, je n’ai contribué (modestement) qu’aux articles « prion » et « statistique ».

Quand Obama demande à Twitter d’aider l’organisation des manifs en Iran

« 15 juin, quand un conseiller de M. Obama a souhaité que Twitter remette à plus tard une opération de maintenance afin de ne pas priver les Iraniens du seul outil de communication que le régime des mollahs semble incapable de réduire. »

in Twitter, la crise iranienne et les mobilisations citoyennes, par Yves Mamou